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Santé reproductive : la Côte d’Ivoire mise sur les jeunes pour accélérer les progrès en planification familiale

Santé reproductive : la Côte d’Ivoire mise sur les jeunes pour accélérer les progrès en planification familiale

À l’approche du 15ᵉ anniversaire du Partenariat de Ouagadougou, une visite de terrain au Centre de santé scolaire universitaire de Marcory a permis de mesurer les avancées de la Côte d’Ivoire en matière de planification familiale et de santé reproductive. Les responsables ivoiriens et leurs partenaires veulent désormais consolider ces acquis, notamment auprès des adolescents et des jeunes.

À Marcory, les chiffres racontent une partie de l’histoire. Mais derrière les statistiques, il y a surtout des adolescents et des jeunes qui franchissent chaque jour les portes du Centre de santé scolaire universitaire (CSSU) pour poser une question, demander un conseil ou trouver une réponse à une préoccupation liée à leur santé.

Le mercredi 19 août 2026, cet établissement a accueilli une visite de terrain organisée par le Programme national de santé de la mère et de l’enfant (PNSME). La rencontre s’inscrivait dans le cadre des préparatifs du 15ᵉ anniversaire du Partenariat de Ouagadougou, plateforme créée en 2011 pour soutenir les politiques de planification familiale dans les pays francophones d’Afrique de l’Ouest.

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Pour les responsables du secteur, l’objectif était clair : regarder le chemin parcouru par la Côte d’Ivoire, mais aussi identifier les efforts à poursuivre.

Des progrès construits sur plusieurs années

Au terme de la visite, Marie Ba, directrice de l’Unité de coordination du Partenariat de Ouagadougou (UCPO), a salué les avancées enregistrées par la Côte d’Ivoire en matière de santé reproductive et de planification familiale.

Elle a surtout insisté sur le caractère progressif de ces résultats. Pour elle, les effets d’une politique de santé ne se mesurent pas du jour au lendemain. Ils apparaissent après plusieurs années de décisions, d’investissements et de réformes.

La politique de gratuité engagée par la Côte d’Ivoire figure parmi les mesures mises en avant. En réduisant la barrière financière, cette politique pourrait permettre à davantage de femmes d’accéder aux services de planification familiale et d’y recourir plus régulièrement.

« L’impact est très long » à obtenir après un investissement dans ce domaine, a expliqué Marie Ba, rappelant que les résultats observés aujourd’hui sont liés aux politiques mises en œuvre au fil des années.

Les adolescents au cœur des priorités

La visite de Marcory a également mis en lumière un enjeu devenu central : l’accès des adolescents et des jeunes à des services de santé adaptés à leurs besoins.

Sur ce terrain, la Côte d’Ivoire dispose d’une expérience que Marie Ba considère comme intéressante pour les autres pays membres du Partenariat de Ouagadougou. Elle souhaite notamment voir davantage de structures spécialisées dans l’accueil et l’accompagnement des jeunes à travers le pays.

L’enjeu dépasse la seule question de la contraception. Il s’agit aussi de permettre aux jeunes d’obtenir une information fiable, de bénéficier d’une écoute et de prendre des décisions éclairées concernant leur santé sexuelle et reproductive.

110 services pour rapprocher les soins des jeunes

Pour Dr Fatoumata Touré épouse Bamba, directrice coordonnatrice du Programme national de santé de la mère et de l’enfant, la Côte d’Ivoire s’appuie sur une expérience déjà ancienne en milieu scolaire et universitaire.

Le pays a progressivement développé des dispositifs dédiés aux adolescents et aux jeunes, notamment à travers un programme consacré à leur santé sexuelle et reproductive dans les établissements scolaires et universitaires.

Cette politique vise notamment à prévenir les grossesses en milieu scolaire et à faciliter l’accès des jeunes à l’information et aux services de santé.

Selon la responsable du PNSME, les jeunes sont aujourd’hui de plus en plus nombreux à utiliser ces dispositifs. La Côte d’Ivoire compte désormais 110 services scolaires, universitaires et dédiés aux adolescents et aux jeunes.

Ces structures participent, selon elle, aux efforts engagés pour faire reculer progressivement les grossesses en milieu scolaire.

À Marcory, un centre au contact des réalités des jeunes

Au CSSU de Marcory, la prise en charge ne se limite pas à une consultation médicale.

Le docteur Assi Constantin, médecin-chef du centre, explique que la structure accueille des jeunes pour des soins courants, mais également pour des services spécifiquement conçus autour de leurs préoccupations.

La planification familiale occupe une place importante dans cette offre. Prévention, sensibilisation, communication et conseils font partie des activités menées auprès des jeunes scolarisés comme non scolarisés.

Une assistante sociale et une sage-femme complètent le dispositif. Elles peuvent accompagner les jeunes confrontés à différentes difficultés et les orienter, notamment lorsqu’ils ont besoin d’informations ou de conseils en matière de santé sexuelle et reproductive.

En période scolaire, le centre reçoit en moyenne 50 à 60 visiteurs par jour. Pendant les vacances, la fréquentation se situe plutôt entre 30 et 40 visiteurs quotidiens. Les personnes accueillies ont généralement entre 12 et 25 ans.

Ces consultations ne représentent toutefois qu’une partie de l’activité. Certains jeunes viennent avant tout chercher une écoute, des explications ou des conseils.

Le financement domestique, nouveau défi

Alors que l’horizon 2030 approche, les acteurs du Partenariat de Ouagadougou veulent préserver les acquis tout en répondant à un défi de plus en plus important : le financement.

Marie Ba a appelé les États à renforcer leurs ressources domestiques consacrées à la planification familiale et à la santé de la mère et de l’enfant, dans un contexte de baisse des financements extérieurs destinés à la santé et à l’aide internationale.

Elle estime que la planification familiale doit bénéficier d’une attention budgétaire plus importante. « La planification familiale est très souvent le parent pauvre » des programmes financés par les ministères de la Santé, a-t-elle relevé.

Pour la directrice de l’UCPO, investir dans ce domaine revient pourtant à agir directement sur le bien-être des populations.

Maintenir la dynamique jusqu’en 2030

Né en février 2011, le Partenariat de Ouagadougou réunit neuf pays francophones d’Afrique de l’Ouest autour de la planification familiale. Depuis sa création, il accompagne les gouvernements dans la prise de décisions et la mise en œuvre de politiques destinées à améliorer l’accès aux services de santé reproductive.

À l’approche de son 15ᵉ anniversaire, la Côte d’Ivoire entend donc présenter ses avancées tout en identifiant les prochaines étapes.

L’accès des adolescents et des jeunes aux services de santé reproductive, le financement national de la planification familiale et la réduction de la mortalité maternelle, néonatale et infantile figurent parmi les priorités.

À Marcory, la réalité quotidienne du CSSU rappelle finalement l’essentiel : derrière les politiques publiques et les objectifs fixés à l’horizon 2030, ce sont des femmes, des adolescentes et des jeunes qui doivent pouvoir trouver, au bon moment, une information fiable, un professionnel disponible et un service de santé accessible.

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