Tout commence lors des primaires de l’APC (All Progressives Congress), le parti actuellement au pouvoir au Nigeria. Un candidat, Mahmoud Sadis Buba, retient immédiatement l’attention du public après la diffusion de ses photos et vidéos de campagne. Son apparence physique extrêmement juvénile et sa très petite taille enflamment les discussions en ligne.
Interrogé sur son physique par la BBC, l’homme se défend vigoureusement et brandit une explication médicale : il affirme avoir 30 ans et souffrir d’une forme de nanisme héréditaire transmis par son grand-père. Une explication qui lui permettait alors de prétendre à un siège à la Chambre des représentants.
La base de données nationale trahit le candidat de l’APC
C’était sans compter sur la curiosité des journalistes d’investigation. Comme le rapporte le quotidien The Guardian, le média Peoples Gazette a décidé de creuser l’affaire en consultant les registres officiels de la base nationale d’identité du pays.
Le verdict des documents officiels est sans appel :
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Mahmoud Sadis Buba est en réalité né en août 2010.
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Au moment de postuler, il n’a donc que 15 ans.
Cette révélation a fait l’effet d’une bombe dans la classe politique, mettant en lumière une fraude massive sur l’identité civile du jeune militant.
Fin de course pour l’adolescent soutenu par le pouvoir
Ce mensonge pose un lourd problème constitutionnel pour les prochaines élections législatives au Nigeria. En effet, la loi électorale nigériane est très stricte : il faut avoir au minimum 25 ans pour pouvoir briguer un mandat de député à la Chambre des représentants.
Le plus embarrassant dans cette affaire reste le niveau de soutien dont bénéficiait l’adolescent. Avant que la vérité n’éclate, Mahmoud Sadis Buba s’affichait fièrement aux côtés de hauts dignitaires de l’État, recevant notamment les encouragements publics du vice-président nigérian, Kashim Shettima.
Conséquence immédiate : Emporté par le tourbillon de la polémique et face aux preuves irréfutables de sa minorité, le faux trentenaire a officiellement jeté l’éponge et retiré sa candidature.
Le parti au pouvoir, quant à lui, tente désormais d’éteindre l’incendie provoqué par ce qui restera comme l’une des supercheries politiques les plus insolites de l’histoire des élections législatives au Nigeria.

