Le décompte des voix de ces élections législatives au Cap-Vert matérialise ce basculement historique. Les données officielles de la Commission électorale nationale portent actuellement sur l’analyse de 98,2% des bureaux de vote de l’archipel. Le PAICV vire en tête avec 46,7% des suffrages exprimés, s’assurant ainsi 37 des 72 sièges de l’Assemblée nationale. De son côté, le MpD essuie un recul notable en recueillant 43,6% des voix des électeurs. Cette issue confirme la solide tradition d’alternance démocratique qui caractérise ce pays de dix îles depuis son indépendance.
Le Premier ministre sortant reconnaît sa défaite
Le chef du gouvernement actuel a rapidement pris la parole pour clarifier la situation politique. Ulisses Correia e Silva a officiellement concédé la défaite de son camp lors de ses premières déclarations post-scrutin. Le dirigeant sortant a reconnu que les urnes n’avaient pas répondu aux objectifs initiaux de sa formation. Il espérait initialement conserver les rênes de l’État pour poursuivre ses chantiers de développement. L’ancien Premier ministre a toutefois nuancé la portée du scrutin en attendant la fin complète du dépouillement. Selon lui, l’obtention d’une majorité absolue pour l’opposition reste encore à confirmer.
Un nouveau leadership pour la gouvernance du pays
Le leader du PAICV capitalise sur cette dynamique positive pour dessiner les contours du futur gouvernement. Francisco Carvalho se positionne désormais comme le grand favori pour occuper le poste de Premier ministre. L’actuel maire de la capitale nationale, Praia, effectue présentement son deuxième mandat municipal à la tête de la ville. Le vainqueur du scrutin a chaleureusement salué le choix des citoyens. Il qualifie ce vote de plébiscite décisif en faveur de son programme de rupture et de progrès social.
Un pouvoir exécutif bicéphale pour l’archipel
Cette victoire législative va modifier en profondeur les équilibres institutionnels au sommet de l’État. Francisco Carvalho s’apprête à partager la gestion du pays avec le président de la République, Jose Maria Neves. Le chef de l’État partage la même étiquette politique puisque les électeurs l’ont également élu sous la bannière du PAICV. Pour rappel, le Cap-Vert s’appuie sur un régime hybride de nature semi-parlementaire. Le Premier ministre gère l’action gouvernementale après sa désignation par l’Assemblée nationale. Le président conserve quant à lui de larges prérogatives politiques, notamment un rôle central de médiateur et un droit de veto sur les lois.

