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Koumassi-Campement : la justice franchit une nouvelle étape dans l’affaire des démolitions

Koumassi-Campement : la justice franchit une nouvelle étape dans l’affaire des démolitions

L’Assemblée nationale a donné son accord à la levée de l’immunité parlementaire de Diabagaté Moussa. Le député de Gouméré-Tabagne est cité dans l’enquête sur les démolitions survenues le 3 juin 2026 à Koumassi-Campement.

L’affaire des démolitions de Koumassi-Campement prend une nouvelle tournure. Après plusieurs mois d’enquête, la justice dispose désormais d’une possibilité supplémentaire pour poursuivre ses investigations concernant le député Diabagaté Moussa.

Le parlementaire était protégé par son immunité en tant que député. Cette protection vient d’être levée par l’Assemblée nationale à la suite d’une demande transmise par le parquet.

Une décision qui ouvre la voie aux poursuites

La demande du parquet avait été annoncée en septembre. Le procureur de la République, Koné Braman Oumar, avait alors indiqué que le député apparaissait dans les investigations sur les destructions réalisées à Koumassi-Campement.

Selon les éléments présentés par le parquet, les enquêteurs soupçonnent Diabagaté Moussa d’avoir joué un rôle dans le financement et la coordination de l’opération. Le procureur avait notamment évoqué un prêt de 7 millions de francs CFA et des échanges avec l’entourage d’Alloui Brou Jacques, déjà poursuivi dans cette affaire.

Ces éléments restent toutefois ceux de l’accusation. La responsabilité du député devra être établie par la justice au terme de la procédure.

Plus de six hectares concernés

Les faits remontent au 3 juin 2026. Ce jour-là, des habitations ont été détruites dans le secteur de Koumassi-Campement.

Le périmètre concerné s’étend sur près de 6,9 hectares et comprend 250 lots répartis sur plusieurs îlots. L’opération avait provoqué une vive polémique, notamment en raison du document judiciaire invoqué pour la justifier.

D’après le parquet, cette décision de justice ne permettait pas de procéder aux démolitions. Elle concernait seulement le déguerpissement de cinq habitations.

Alloui Brou Jacques, qui avait revendiqué l’opération dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, a été interpellé puis placé sous mandat de dépôt dans le cadre de l’information judiciaire.

Le député entendu par l’Assemblée nationale

La question de l’immunité parlementaire a été examinée le vendredi 2 octobre par le Bureau de l’Assemblée nationale.

Les discussions auraient duré plus de dix heures. Diabagaté Moussa a lui-même été entendu avant que les parlementaires ne sollicitent des informations supplémentaires auprès du parquet général.

Les éléments demandés auraient ensuite été transmis dans l’après-midi. Les travaux ont alors repris avant l’adoption de la décision favorable à la levée de l’immunité.

Cette décision ne signifie pas que le député est reconnu coupable. Elle permet à la procédure judiciaire de suivre son cours dans les conditions prévues pour un parlementaire.

Une enquête qui cherche encore à établir les responsabilités

Le dossier ne concerne pas uniquement Diabagaté Moussa. Plusieurs responsables administratifs ont déjà été entendus par les enquêteurs, notamment le ministre-gouverneur du District autonome d’Abidjan, le maire de Koumassi et des responsables techniques.

Le parquet cherche notamment à déterminer les conditions dans lesquelles les démolitions ont été organisées et le rôle exact des différents protagonistes.

La levée de l’immunité du député constitue donc une étape supplémentaire. Elle ne clôt pas l’enquête et ne préjuge pas de son issue.

Pour les enquêteurs, l’objectif reste de reconstituer précisément les circonstances des destructions du 3 juin et d’établir les responsabilités éventuelles de chacun.

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