Les données de santé prennent une nouvelle place dans la stratégie de l’OMS en Afrique. Le Bureau régional de l’Organisation mondiale de la Santé a lancé, le 27 août 2026 à Addis-Abeba, un Centre régional de données sanitaires.
Cette plateforme numérique couvre les 47 États membres de la Région africaine de l’OMS. Elle rassemble des informations provenant de plusieurs domaines de santé et facilite leur analyse.
Un outil pour mieux orienter les décisions
L’un des principaux objectifs du dispositif consiste à donner aux responsables sanitaires une vision plus complète de la situation dans leurs pays.
Jusqu’ici, de nombreuses informations restaient réparties entre plusieurs systèmes. Cette dispersion pouvait compliquer leur exploitation et ralentir certaines décisions.
Le nouveau centre rassemble ces données sur une même plateforme. Les utilisateurs peuvent ainsi suivre différentes tendances, comparer les évolutions et repérer plus facilement les besoins prioritaires.
L’outil peut notamment contribuer à identifier les populations qui disposent d’un accès limité aux services de santé. Les responsables peuvent ensuite mieux cibler les ressources disponibles.
Plusieurs domaines de santé concernés
La plateforme ne se limite pas à un seul secteur. Elle intègre des informations provenant de différents programmes sanitaires.
La santé de la mère et de l’enfant, les maladies infectieuses, les maladies non transmissibles ou encore les systèmes de santé figurent parmi les domaines concernés.
Des tableaux de bord, des cartes et des outils d’analyse permettent également de visualiser les données. Les utilisateurs peuvent ainsi observer les évolutions et mesurer les progrès réalisés.
Cette approche doit notamment faciliter le suivi des efforts en faveur de la couverture sanitaire universelle.
Les pays conservent leurs données
L’OMS précise que le Centre régional de données sanitaires ne remplace pas les dispositifs nationaux.
Chaque État conserve la propriété de ses informations. La plateforme vient plutôt compléter les systèmes déjà existants.
L’organisation prévoit toutefois l’utilisation de normes communes. Elles doivent améliorer la compatibilité entre les différents systèmes et renforcer la qualité des données.
L’OMS travaille également sur un cadre régional destiné à encadrer la gouvernance de ces informations.
Une réponse aux défis sanitaires du continent
Pour l’OMS Afrique, disposer de données fiables et accessibles représente un enjeu majeur. Les gouvernements doivent pouvoir identifier rapidement les besoins et adapter leurs politiques.
Le directeur régional, le Dr Mohamed Yakub Janabi, défend ainsi une approche fondée sur les données probantes. Selon lui, les décisions sanitaires doivent s’appuyer sur des informations fiables et disponibles au moment opportun.
Le lancement de cette plateforme intervient d’ailleurs pendant la 76e session du Comité régional de l’OMS pour l’Afrique, organisée à Addis-Abeba du 24 au 28 août 2026. Les ministres de la Santé et les hauts responsables des 47 États membres y ont notamment examiné les priorités sanitaires de la région.
Avec ce nouveau centre, l’OMS veut donc rapprocher les données de ceux qui prennent les décisions. L’objectif reste le même : mieux anticiper les problèmes sanitaires et améliorer les politiques de santé sur le continent.