La tension monte en Zambie après la mort de Mutotwe Kafwaya, ancien ministre et figure de l’opposition. La police a confirmé son décès mercredi 19 août, plusieurs jours après une opération menée dans une résidence liée à Brian Mundubile, principal adversaire du président Hakainde Hichilema.
Les faits remontent au vendredi 14 août. Les forces de sécurité intervenaient dans le quartier de Kabulonga, à Lusaka, au lendemain de l’élection présidentielle.
Selon la police, ses agents ont essuyé des tirs pendant l’intervention. Ils auraient alors riposté. Un homme a été mortellement touché au cours de l’opération.
Dans un premier temps, les autorités n’avaient pas identifié la victime. La famille de Mutotwe Kafwaya a finalement reconnu son corps.
Sa famille était sans nouvelles
La disparition du député avait suscité l’inquiétude de ses proches. Son épouse avait notamment demandé aux autorités de fournir des informations sur son mari.
La confirmation de son décès intervient donc plusieurs jours après le raid. Les circonstances exactes de sa mort restent au centre des interrogations.
Brian Mundubile affirme que l’opération a eu lieu dans l’une de ses résidences. Il soutient également que Mutotwe Kafwaya se trouvait sur place lorsqu’il a été atteint par balle.
Le responsable de l’opposition conteste par ailleurs les accusations portées contre son mouvement. Les autorités zambiennes soupçonnent en effet le parti de participer à des activités liées à une insurrection et à une milice. Mundubile rejette ces accusations.
Des demandes d’enquête indépendante
La Commission zambienne des droits humains réclame désormais des éclaircissements sur les personnes arrêtées ou portées disparues dans le cadre des opérations de sécurité.
Elle demande notamment aux autorités de respecter les délais légaux de détention. L’institution souhaite aussi des investigations indépendantes lorsqu’une disparition ou une arrestation paraît illégale.
Cette demande intervient dans un climat particulièrement tendu après la présidentielle.
La réélection de Hichilema sous tension
Hakainde Hichilema a remporté l’élection présidentielle avec environ 60 % des voix, devant Brian Mundubile, crédité d’environ 38 % des suffrages.
L’opposition conteste toutefois le processus électoral. Elle évoque notamment des irrégularités lors du dépouillement et de la compilation des résultats.
La mission d’observation électorale de l’Union européenne a elle aussi relevé plusieurs problèmes. Elle cite notamment des interruptions du dépouillement, des difficultés de vérification des données et une présence militaire jugée intimidante.
La mort de Mutotwe Kafwaya ajoute ainsi une nouvelle tension à une période politique déjà marquée par les contestations.
Un ancien ministre devenu opposant
Mutotwe Kafwaya avait commencé sa carrière politique en 2016. Il avait ensuite intégré le gouvernement d’Edgar Lungu.
Nommé ministre des Travaux publics en 2018, il avait pris l’année suivante le portefeuille des Transports. Après l’alternance de 2021, il avait rejoint les rangs de l’opposition au président Hakainde Hichilema.
Son décès intervient donc à un moment particulièrement sensible pour la Zambie. Les circonstances précises de l’opération et les responsabilités éventuelles devront désormais être établies.