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CNRA : les innovations qui transforment l’agriculture ivoirienne face au changement climatique

CNRA : les innovations qui transforment l’agriculture ivoirienne face au changement climatique

Dans les champs ivoiriens, les effets du changement climatique compliquent chaque année davantage le travail des producteurs. Sécheresse, chaleur, irrégularité des pluies : face à ces défis, le Centre national de recherche agronomique (CNRA) mise sur la recherche pour proposer des variétés plus performantes et des pratiques culturales adaptées aux réalités du terrain.
CNRA Côte d’Ivoire et recherche agronomique

Pour un producteur, une mauvaise saison des pluies peut suffire à bouleverser toute une campagne agricole. Une période de sécheresse prolongée, des températures élevées ou encore des pluies mal réparties peuvent réduire les rendements et fragiliser les revenus des exploitants. C’est dans ce contexte que la recherche agronomique prend tout son sens en Côte d’Ivoire.

Créé en 1998 par les décrets n° 326, 327 et 328-98 du 15 juin 1998, le Centre national de recherche agronomique (CNRA) travaille depuis près de trois décennies à apporter des réponses concrètes aux difficultés rencontrées par les producteurs et les agro-industriels.

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Une recherche tournée vers les réalités du terrain

La mission du CNRA ne se limite pas aux laboratoires. Le Centre conçoit et met en œuvre des programmes de recherche en associant les différents acteurs de la chaîne agricole, notamment les paysans, les agro-industriels et les partenaires concernés.

L’objectif est clair : développer des solutions qui puissent réellement être utilisées dans les exploitations agricoles ivoiriennes.

Le CNRA assure également la mobilisation des ressources nécessaires à ses programmes de recherche. Ses travaux portent sur plusieurs secteurs stratégiques de l’agriculture, avec une attention particulière accordée à la productivité, à la résilience des cultures et à l’adaptation au changement climatique.

Pour le directeur général du Centre, le professeur Abdourahamane Sangaré, cette mission se traduit concrètement dans les champs par la mise à disposition de semences améliorées et de nouvelles techniques culturales.

« On permet aux paysans de s’adapter en leur donnant des variétés déjà résilientes, qui sont capables de contrôler un certain nombre de difficultés », explique-t-il.

Derrière cette approche, il y a une réalité simple : permettre au producteur de continuer à récolter malgré des conditions climatiques de plus en plus difficiles.

Des variétés conçues pour résister à la sécheresse et à la chaleur

L’un des axes importants des recherches menées par le CNRA concerne l’adaptation des cultures aux nouvelles contraintes climatiques.

Certaines variétés développées par le Centre sont sélectionnées pour leur capacité à mieux supporter la sécheresse et les fortes températures. La recherche porte aussi sur les pratiques permettant de tirer le meilleur parti des périodes de pluie et de renforcer la résistance des cultures lorsque les conditions deviennent défavorables.

Pour les agriculteurs, ces innovations peuvent représenter une différence importante entre une campagne fortement compromise et une récolte préservée.

La question climatique devient ainsi indissociable de celle de la sécurité alimentaire. En améliorant la résistance des cultures, la recherche agronomique cherche aussi à sécuriser la production destinée aux marchés et à l’alimentation des populations.

Cinq directions régionales au service de la recherche

Pour mener ses activités, le CNRA dispose de cinq directions régionales implantées à Abidjan, Bouaké, Man, Korhogo et Gagnoa.

Ces structures regroupent 20 programmes de recherche consacrés à plusieurs domaines : cultures vivrières, cultures industrielles, recherche animale, gestion des sols ou encore maîtrise de l’eau.

Le dispositif comprend également des stations de recherche et des sites d’expérimentation à grande échelle pour certaines cultures. Cette organisation permet de tester les innovations dans différentes conditions agroécologiques avant leur diffusion auprès des producteurs.

L’enjeu est de faire le lien entre la recherche et la réalité du terrain : une variété peut être prometteuse sur le papier, mais elle doit aussi démontrer son intérêt dans les conditions concrètes auxquelles sont confrontés les agriculteurs.

Le cacao, l’une des vitrines de l’innovation du CNRA

Parmi les résultats mis en avant par le Centre figure le développement de nouvelles variétés de cacao à plus hauts rendements.

Certaines peuvent atteindre trois tonnes par hectare, selon les informations communiquées par le CNRA. Ces travaux ont contribué aux efforts d’amélioration de la productivité de la cacaoculture ivoirienne.

Dans les zones de production, certaines de ces variétés sont communément désignées par les producteurs sous le nom de « cacao Mercedes », une appellation qui traduit leur réputation de performance.

Pour les planteurs, l’amélioration variétale représente un enjeu économique majeur. Une meilleure productivité peut permettre d’obtenir davantage de production sur une même superficie et, potentiellement, d’améliorer les revenus lorsque les conditions de marché sont favorables.

Le café gagne aussi en productivité

Le travail de recherche concerne également le café. Le CNRA a développé des variétés présentées comme particulièrement performantes, avec des rendements pouvant atteindre quatre à cinq fois ceux obtenus auparavant par certains producteurs.

Autre particularité : leur croissance plus lente permettrait d’étaler les récoltes sur une période plus longue. Cette caractéristique peut contribuer à réduire la pression liée à certaines opérations culturales et à faciliter l’organisation du travail dans les plantations.

Ces résultats illustrent l’un des objectifs fondamentaux de la recherche agronomique : produire davantage, mais aussi adapter les systèmes de production aux contraintes auxquelles les agriculteurs sont confrontés.

Près de 80 nouvelles variétés pour les cultures vivrières

La recherche du CNRA ne s’arrête pas aux grandes cultures d’exportation. Le Centre indique avoir mis sur le marché près de 80 nouvelles variétés destinées à différentes cultures vivrières.

Le riz, le maïs et le manioc figurent notamment parmi les spéculations concernées.

Ces innovations répondent à un double enjeu. Il s’agit d’abord d’améliorer la productivité des exploitations. Il faut ensuite répondre aux besoins alimentaires d’une population en croissance, dans un contexte où les changements climatiques rendent les conditions de production plus incertaines.

Pour le producteur qui dépend directement de sa récolte, une variété plus résistante ou plus productive n’est donc pas seulement le résultat d’un travail scientifique. Elle peut devenir un outil pour sécuriser une campagne agricole et préserver une source de revenus.

La recherche agricole face au défi climatique

En Côte d’Ivoire, où l’agriculture occupe une place centrale dans l’économie et dans la vie de nombreuses communautés rurales, l’adaptation au changement climatique devient une nécessité.

À travers ses programmes de recherche, le CNRA cherche à accompagner cette transformation. Ses travaux sur les semences améliorées, les techniques culturales, la gestion des sols et la maîtrise de l’eau participent à la recherche de modèles agricoles plus productifs et plus résilients.

Le défi reste toutefois de faire parvenir ces innovations au plus grand nombre de producteurs et de garantir leur appropriation sur le terrain.

Car au-delà des stations expérimentales et des résultats scientifiques, la véritable mesure de la recherche agronomique se trouve dans les champs : là où chaque pluie compte, où chaque saison peut changer une récolte et où une variété plus résistante peut parfois faire toute la différence.

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