L’orpaillage illégal reste un casse-tête pour les autorités ivoiriennes. Les forces de sécurité multiplient les descentes sur les sites clandestins. Pourtant, le phénomène résiste.
À peine une opération terminée, certains exploitants reprennent leurs activités. Cette situation pousse les autorités à s’interroger sur les réseaux qui alimentent ces exploitations.
Plusieurs sites clandestins ciblés
La Gendarmerie nationale a récemment intensifié ses opérations dans plusieurs régions du pays. Les forces de l’ordre sont notamment intervenues à Soubré, Dabakala, Issia et Aboisso.
Ces opérations ont permis d’interpeller 27 personnes.
Les gendarmes ont également détruit ou neutralisé d’importants équipements utilisés sur les sites. Le bilan fait état de 15 concasseurs, 21 motopompes et près de 1 100 mètres de tuyaux.
Ces résultats montrent l’ampleur des moyens mobilisés par les exploitants clandestins.
Mais les autorités font face à une difficulté majeure. La destruction du matériel ne suffit pas toujours à empêcher la reprise des activités.
Pourquoi les sites reprennent-ils après les opérations ?
Le scénario se répète dans certaines zones.
Les forces de l’ordre interviennent. Elles détruisent les installations et interpellent plusieurs personnes. Puis, après leur départ, de nouveaux équipements apparaissent.
Cette reprise pose une question centrale : qui fournit les moyens nécessaires à ces exploitations ?
Le coût des concasseurs, des motopompes et des autres équipements suppose l’existence de financements. Les enquêteurs doivent donc aller au-delà des personnes présentes sur les sites.
Ils doivent aussi identifier ceux qui financent les activités et facilitent l’accès aux terrains.
Les réseaux dans le viseur
La lutte contre l’orpaillage illégal pourrait ainsi prendre une nouvelle dimension.
Les jeunes présents sur les sites ne représenteraient parfois que le dernier maillon de la chaîne. Derrière eux, des réseaux pourraient organiser le financement, la fourniture du matériel et l’exploitation des terrains.
Une source sécuritaire estime d’ailleurs qu’il faut désormais s’intéresser davantage à ces réseaux.
« Tant qu’une réponse claire et structurée ne sera pas apportée à cette interrogation, nous allons tourner en rond », a-t-elle confié.
Cette approche permettrait de mieux comprendre pourquoi certaines activités reprennent malgré les opérations de la gendarmerie.
Les autorités locales également interpellées
Le gouvernement souhaite aussi impliquer davantage les communautés locales.
Le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a déjà appelé les populations et les responsables locaux à participer à la lutte contre le phénomène.
Selon lui, l’arrivée d’orpailleurs clandestins dans certaines zones ne peut pas toujours passer inaperçue.
Les chefs de village et les chefs de terre ont notamment un rôle à jouer dans la surveillance des mouvements sur leurs territoires.
Une lutte qui doit dépasser les arrestations
La destruction des équipements et les interpellations restent nécessaires. Mais elles ne suffisent pas à régler durablement le problème.
Les autorités doivent également rechercher les sources de financement. Elles doivent identifier les réseaux et déterminer les éventuelles complicités locales.
Cette stratégie permettrait de s’attaquer aux causes du phénomène plutôt qu’à ses seules manifestations.
En Côte d’Ivoire, le défi consiste désormais à empêcher les sites clandestins de renaître après chaque opération. C’est à cette condition que la lutte contre l’orpaillage illégal pourra produire des résultats durables.