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Souveraineté économique du Gabon : le Président Oligui Nguema fixe le cap

Souveraineté économique du Gabon : le Président Oligui Nguema fixe le cap

La souveraineté économique du Gabon s’impose comme l’un des grands défis du pays, 66 ans après son indépendance. Dans son adresse à la Nation, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a appelé à mieux contrôler les ressources nationales, à diversifier l’économie et à investir dans les infrastructures et le capital humain.

De l’indépendance politique à l’indépendance économique

La souveraineté économique du Gabon est au cœur des ambitions affichées par le président Brice Clotaire Oligui Nguema, 66 ans après l’indépendance du pays. Dans son adresse à la Nation, le chef de l’État a appelé à mieux maîtriser les ressources nationales, à diversifier l’économie et à investir dans les infrastructures et le capital humain

Dans son adresse à la Nation, le Président Brice Clotaire Oligui Nguema a placé cette ambition au cœur de son message. Pour le chef de l’État, l’indépendance ne peut pas se limiter à un acquis historique. Elle doit aussi se traduire dans la capacité du pays à décider de son avenir, à maîtriser ses richesses et à créer davantage de valeur sur son propre territoire.

« Nous aspirons à la coopération et à des partenariats d’égal à égal, plutôt qu’à la dépendance », a déclaré Brice Clotaire Oligui Nguema.

Derrière cette déclaration se trouve une réalité économique que le Gabon ne peut plus ignorer. Malgré l’abondance de ses ressources naturelles, le pays reste fortement exposé aux fluctuations des cours des matières premières.

Une économie encore trop dépendante des matières premières

Le pétrole, le manganèse et le bois occupent une place prépondérante dans les exportations gabonaises. À eux trois, ces secteurs représentent près de 97 % des exportations, selon les données avancées dans le cadre du discours présidentiel.

Cette concentration constitue à la fois une force et une fragilité.

Les ressources naturelles procurent des recettes importantes à l’État et soutiennent l’activité économique. Mais lorsque les cours internationaux baissent ou que la demande extérieure ralentit, l’économie gabonaise en ressent rapidement les effets.

Le défi consiste donc désormais à sortir progressivement d’un modèle où le pays exporte principalement des ressources brutes pour aller vers une économie capable de les transformer localement.

L’enjeu est considérable : produire davantage au Gabon, transformer davantage au Gabon et vendre des produits ayant une plus grande valeur ajoutée.

Les infrastructures au cœur du changement

Pour atteindre cet objectif, le gouvernement mise notamment sur les infrastructures, l’énergie et la transformation locale.

Routes, réseaux électriques, équipements industriels et moyens de transport constituent les fondations indispensables à une économie plus diversifiée. Sans infrastructures adaptées, il reste difficile pour les entreprises de produire à grande échelle, d’acheminer leurs marchandises ou de conquérir de nouveaux marchés.

La question énergétique apparaît également stratégique. Une industrie qui veut se développer a besoin d’une électricité disponible, fiable et accessible. Le développement du secteur énergétique doit donc accompagner celui de l’agriculture, de l’industrie, de la pêche et des autres activités productives.

La pêche, un exemple du potentiel à exploiter

La filière halieutique illustre particulièrement bien le potentiel de diversification du Gabon.

Le pays dispose d’un important patrimoine maritime, mais sa production nationale reste inférieure à la demande. Elle est estimée à 47 470 tonnes par an, pour une demande globale évaluée à environ 70 000 tonnes.

L’écart représente une opportunité économique, mais aussi un enjeu de souveraineté alimentaire.

Mieux structurer la pêche, moderniser les équipements, renforcer les capacités de conservation et développer la transformation locale pourraient permettre de répondre davantage à la consommation intérieure tout en créant des emplois.

Ce raisonnement peut s’appliquer à d’autres secteurs. L’objectif n’est plus seulement d’extraire ou de produire, mais de construire autour de chaque ressource une véritable chaîne de valeur.

La jeunesse comme moteur de la transformation

Dans cette nouvelle orientation économique, le président gabonais veut également donner une place centrale à la jeunesse.

La formation professionnelle figure parmi les priorités affichées. Le pari est simple : les richesses naturelles ne suffiront pas à elles seules à transformer durablement le pays. Il faut aussi disposer de femmes et d’hommes capables de les exploiter, de les transformer et de créer des entreprises autour de ces activités.

Pour de nombreux jeunes Gabonais, l’enjeu dépasse donc les statistiques de croissance. Il touche directement à l’accès à l’emploi, à la formation et à la possibilité de construire son avenir dans son propre pays.

Former aux métiers de l’industrie, de l’énergie, de l’agriculture, de la pêche, du numérique ou encore de la maintenance pourrait ainsi contribuer à rapprocher les besoins des entreprises des compétences disponibles.

Transformer les richesses en emplois

Le discours présidentiel dessine finalement une ambition qui dépasse la seule diversification des exportations. Il s’agit de faire en sorte que les ressources du Gabon produisent davantage de retombées pour la population.

Une forêt ne représente pas seulement du bois à exporter. Elle peut alimenter une industrie locale de transformation. Le manganèse ne doit pas uniquement quitter le territoire sous forme de minerai. La pêche ne doit pas seulement fournir une matière première. Chaque filière peut devenir un espace d’investissement, d’innovation et de création d’emplois.

C’est sur cette transformation que se jouera une partie de la promesse de souveraineté économique.

Le Président Oligui Nguema a d’ailleurs appelé les Gabonais à ne pas considérer cette ambition comme une tâche facile. « L’Histoire ne nous interroge pas sur la facilité de la tâche, mais sur notre volonté, notre courage et notre discipline pour avancer ensemble jusqu’au bout », a-t-il déclaré.

À l’heure où le Gabon célèbre son indépendance, le défi est donc clairement posé : faire passer la souveraineté du discours à la réalité économique. Pour y parvenir, le pays devra diversifier ses activités, renforcer ses infrastructures, développer son énergie, transformer davantage ses ressources et surtout donner à sa jeunesse les compétences nécessaires.

L’indépendance de 1960 a consacré la liberté politique du Gabon. Celle que le pays cherche désormais à consolider se mesure autrement : dans sa capacité à créer de la valeur, à produire, à transformer ses richesses et à offrir des perspectives à sa population.

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