Voir, comprendre et suivre le quotidien ivoirien

Partager

>

Vidéoverbalisation au Burkina Faso : Ouagadougou passe aux caméras

Vidéoverbalisation au Burkina Faso : Ouagadougou passe aux caméras

À Ouagadougou, les infractions routières passent sous l’œil des caméras

À un feu tricolore, un conducteur regarde autour de lui, accélère et franchit l’intersection alors que le signal est déjà passé au rouge. Quelques mètres plus loin, une caméra enregistre la scène. Il n’y a pas d’agent pour l’arrêter sur-le-champ, mais l’infraction, elle, n’échappe pas au dispositif.

Depuis le 1er août 2026, le Burkina Faso expérimente la vidéoverbalisation à Ouagadougou, dans le cadre de la modernisation du contrôle routier. Le dispositif vise à mieux faire respecter le Code de la route, tout en réduisant les risques de corruption lors des contrôles entre agents de sécurité et usagers.

Cette nouvelle approche intervient dans un contexte où l’insécurité routière continue de faire des victimes et de provoquer d’importants dégâts matériels.

Des caméras pour détecter les principales infractions

La vidéoverbalisation repose sur des caméras intelligentes installées sur les principales artères de Ouagadougou. Leur rôle est de surveiller la circulation et de détecter automatiquement certaines infractions.

Le dispositif concerne notamment :

  • le non-respect des feux tricolores ;
  • le non-port de la ceinture de sécurité ;
  • l’utilisation manuelle du téléphone au volant ;
  • les excès de vitesse.

Lorsqu’une infraction est détectée, le système identifie le véhicule grâce à sa plaque d’immatriculation. Une notification est ensuite transmise au contrevenant par les services de téléphonie mobile.

L’objectif ne consiste donc plus seulement à sanctionner un conducteur intercepté sur la route. Le contrôle devient également numérique, avec une procédure qui doit permettre de constater l’infraction et d’en informer directement l’usager concerné.

Une amende payable à distance

Une fois l’infraction établie et la notification reçue avec les informations requises, le contrevenant doit régler l’amende.

Pour lui laisser le temps de s’acquitter de sa dette, un délai d’un mois est prévu. Le paiement peut notamment s’effectuer à travers Faso Arzeka, la plateforme indiquée dans le cadre de cette modernisation.

Le non-paiement après l’expiration du délai peut entraîner des conséquences plus lourdes. Le véhicule peut notamment faire l’objet d’une confiscation lors d’un contrôle routier ou à l’occasion d’une visite technique. Des pénalités ainsi que des travaux d’intérêt commun peuvent également être appliqués.

Une réponse à l’incivisme routier

Derrière chaque chiffre sur les accidents se trouvent des vies bouleversées : une famille qui perd un proche, un parent hospitalisé, un travail interrompu ou un véhicule devenu inutilisable.

Les statistiques disponibles pour le premier trimestre 2026 illustrent l’ampleur du problème. Du 1er au 31 mars 2026, le Burkina Faso a enregistré 1 803 accidents de la route, faisant 1 310 blessés et 99 décès.

Ces chiffres rappellent que le respect du Code de la route ne relève pas d’une simple formalité administrative. Derrière un feu rouge brûlé, un téléphone utilisé au volant ou une vitesse excessive peut se jouer la sécurité d’un conducteur, d’un passager ou d’un piéton.

Ouagadougou, première étape du dispositif

Pour le moment, la vidéoverbalisation est limitée à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso. Son déploiement marque une nouvelle étape dans la transformation du contrôle routier.

En automatisant une partie de la surveillance, les autorités entendent renforcer la discipline sur les routes et limiter les interactions susceptibles de favoriser les arrangements lors des infractions.

Mais la technologie ne pourra pas, à elle seule, régler la question de l’incivisme routier. La réussite du dispositif dépendra aussi de son application équitable, de la fiabilité des équipements et surtout du comportement des usagers.

Sur les routes de Ouagadougou, les automobilistes devront désormais composer avec un nouvel interlocuteur : la caméra. Une présence silencieuse, mais capable de transformer une infraction commise en quelques secondes en une contravention bien réelle.

Voir aussi

Justice ivoirienne : le numérique récompensé au Prix National d’Excellence 2026

Marché du carbone en Afrique de l’Ouest : la CEDEAO cherche des financements pour relever le défi climatique

Sénégal : Patrick Vieira prend les commandes des Lions

Naufrage à Toulepleu : cinq morts sur le fleuve Cavally

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *