Les deux plus grands producteurs mondiaux de cacao affichent leur volonté de parler d’une seule voix. Réunis à Abidjan dans le cadre du Sommet de haut niveau sur l’Initiative cacao Côte d’Ivoire-Ghana, les présidents Alassane Ouattara et John Dramani Mahama ont réaffirmé leur engagement en faveur d’une filière plus équitable, plus rentable et davantage tournée vers les intérêts des producteurs africains.
Cette rencontre s’inscrit dans la continuité des efforts engagés depuis la Déclaration d’Abidjan de mars 2018. À travers cet accord, la Côte d’Ivoire et le Ghana avaient décidé d’unir leurs forces afin de mieux défendre leurs positions sur le marché international du cacao, dont ils assurent ensemble plus de 60 % de la production mondiale.
Les producteurs au cœur de la stratégie commune
Pour les deux dirigeants, l’amélioration des conditions de vie des planteurs reste une priorité. Malgré le poids stratégique du cacao dans les économies ivoirienne et ghanéenne, de nombreux producteurs continuent de subir les effets de la volatilité des cours mondiaux.
Lors de son intervention, Alassane Ouattara a insisté sur la nécessité de construire une économie cacaoyère capable de garantir une rémunération plus juste aux producteurs. Il a également rappelé l’importance de préserver la durabilité du secteur.
Une filière confrontée à plusieurs défis
Le président ivoirien a identifié plusieurs menaces qui pèsent sur la filière. Il a notamment cité le changement climatique, le vieillissement des plantations et l’expansion de l’orpaillage illégal.
Les nouvelles exigences internationales en matière de traçabilité et de durabilité représentent également un défi pour les pays producteurs africains.
Face à ces difficultés, Alassane Ouattara a plaidé pour le renforcement des mécanismes de stabilisation des prix. Il souhaite aussi accélérer la transformation locale du cacao afin de créer davantage de valeur ajoutée dans les pays producteurs.
John Dramani Mahama appelle à une action concertée
Le président ghanéen estime que la coopération entre Accra et Abidjan constitue aujourd’hui une nécessité stratégique. Selon lui, les pays producteurs gagneraient davantage à unir leurs efforts qu’à se faire concurrence.
« Lorsque le Ghana et la Côte d’Ivoire parlent d’une seule voix, l’industrie mondiale du cacao est contrainte de nous écouter », a-t-il déclaré.
John Dramani Mahama a proposé plusieurs axes de coopération. Ils concernent notamment l’harmonisation des politiques de prix, le développement de la recherche scientifique, la promotion des normes africaines de durabilité et l’investissement dans la transformation locale.
Vers une alliance élargie en Afrique
Le chef de l’État ghanéen a également suggéré l’ouverture de discussions avec le Nigeria et le Cameroun. L’intégration de ces deux pays permettrait de regrouper près de 80 % de la production mondiale de cacao au sein d’une même plateforme de coopération.
Cette initiative renforcerait considérablement le pouvoir de négociation des pays africains sur le marché international.
Une ambition commune pour l’avenir du cacao africain
À travers ce sommet, la Côte d’Ivoire et le Ghana réaffirment leur volonté de défendre les intérêts des producteurs. Les deux pays souhaitent accroître la transformation locale du cacao et capter une plus grande part de la richesse générée par cette filière.
Le Sommet de haut niveau sur l’Initiative cacao Côte d’Ivoire-Ghana réunit à Abidjan des responsables gouvernementaux, des acteurs de la filière et plusieurs partenaires internationaux autour des enjeux liés à la gouvernance, à la durabilité et à la transformation locale du cacao.

