Dans le marché du mobile money au Mali, Wave Mali se démarque par sa stratégie audacieuse. Son succès fulgurant attire l’attention des régulateurs et suscite des réactions parmi les concurrents.
Une taxe absorbée pour réduire les frais
La controverse concerne le prélèvement obligatoire de 1 % sur les retraits, selon l’Ordonnance n°2025-008/PT-RM. Cette taxe finance des projets d’infrastructures et de développement social.
Contrairement à ses concurrents, Wave a choisi d’absorber le coût elle-même. Ainsi, les frais pour les clients restent réduits. Par conséquent, l’opérateur a attiré un nombre important de nouveaux utilisateurs, séduits par cette politique sociale et avantageuse.
Des concurrents sous pression
Cette stratégie a mis sous pression Orange Mali et Malitel. Les deux opérateurs ont vu leurs parts de marché se réduire. Suite à leurs plaintes, la DGCC (Direction Générale du Commerce, de la Consommation et de la Concurrence) a mené une enquête entre avril 2025 et janvier 2026.
Le constat de la DGCC est clair : en ne répercutant pas la taxe sur ses clients, Wave a créé un déséquilibre concurrentiel. Le régulateur a donc ordonné de cesser cette pratique dite de « vente à perte ». L’objectif est de rétablir une concurrence loyale sur le marché du mobile money au Mali.
Entre régulation et innovation
Pour la DGCC, même une stratégie présentée comme sociale ne peut contourner la réglementation. Cette décision rappelle que l’équité entre opérateurs est essentielle.
Pour certains experts, il s’agit d’un rappel nécessaire. Pour d’autres, l’affaire montre la difficulté des acteurs traditionnels à s’adapter à un modèle plus agressif et orienté client.
Wave : proche des Maliens
En absorbant la taxe, Wave Mali a renforcé son image d’opérateur proche des préoccupations des utilisateurs. Cette stratégie lui a permis de conquérir rapidement une large base d’utilisateurs, bouleversant un marché longtemps dominé par les grandes sociétés de téléphonie.
La décision de la DGCC pourrait entraîner une hausse des frais si le prélèvement obligatoire est désormais répercuté sur les clients. Le marché reste donc sous tension, et l’avenir de cette politique sociale dépendra de l’équilibre entre régulation et compétitivité.

