Nous autres humains sommes cerveau-centrés. Nous philosophons sur le sens de la vie, nous venons à bout d’équations à plusieurs inconnues, nous retenons un nombre incommensurable de mots de passe, tout cela grâce à notre cerveau. Un seul autre organe a un fonctionnement aussi complexe que notre matière grise, l’intestin.
Oui, celui qui nous fait faire des bruits pas vraiment catholiques, celui qui nous oblige à aller aux toilettes plusieurs fois par jour. On imagine, à tort, qu’il s’agit d’un banal tuyau péteur. Or, « ce que nous sommes, c’est aussi ce que nous avons dans le ventre », affirme avec force et talent Giulia Enders, thésarde allemande en gastroentérologie et auteur d’un best-seller outre-Rhin, « Le charme discret de l’intestin »(…)
Et l’art de faire caca, dans tout ça ?
Un coup de microscope et le monde des bactéries intestinales est mis à jour. Voilà la grande leçon de ce livre, il faut aller outre la première impression. Ainsi, notre système de défécation est tout sauf dégoûtant. Il parvient même à faire que « nos déchets soient éliminés de la manière la plus discrète et la plus hygiénique qui soit. L’homme est quasiment le seul animal à faire ses besoins aussi convenablement », annonce ainsi Giulia Enders.
Notre corps a mis en place plusieurs astuces pour ce faire. Et d’abord deux sphincters, des muscles de fermeture. Le premier à l’extérieur obéit au cerveau qui lui dit si le moment est bien choisi ou non pour s’ouvrir. Le second, interne, s’intéresse plutôt à ce qu’il se passe dans l’intestin et à nous débarrasser d' »un pet qui coince ».
Ce contrôle aux frontières se passe de la sorte : quand les restes de digestion arrivent au premier sphincter, un petit échantillon passe à travers. Entre le premier et le deuxième muscle de fermeture, l’échantillon est étudié et les informations récoltées sur son apparence et sa composition sont envoyées au cerveau. Il décide alors soit de contracter un peu plus le sphincter externe soit que le moment est opportun pour aller aux toilettes ou pour lâcher un petit vent.

En ce qui concerne la grosse commission, c’est l’une des grandes découvertes de la lecture de ce livre, nous nous y prenons très mal. En position assise, notre sphincter reste fermé, la faute à un angle recto-anal qui permet à nos sphincters ne pas avoir à trop travailler lorsque nous sommes debout ou assis. En revanche, en position accroupie, cela se passe beaucoup mieux. Giulia Enders propose donc d’aller aux toilettes avec un petit tabouret à mettre sous ses pieds et de pencher légèrement le buste en avant. En moyenne, vous passerez cinquante secondes de moins sur le trône!
Source huffingtonpost.fr

