C’est le moins qu’on puisse dire. À quelques jours du scrutin présidentiel, le pays retient son souffle. Si la campagne s’est globalement déroulée sans heurts majeurs, les tensions politiques demeurent palpables. Le président sortant Alassane Ouattara, candidat à un quatrième mandat, promet la stabilité et la continuité économique. En face, une opposition morcelée tente de rallier l’électorat autour du besoin d’alternance et de réconciliation nationale.
Le pari de la stabilité pour Alassane Ouattara
Porté par un bilan économique solide — croissance soutenue, infrastructures rénovées, amélioration du climat des affaires — Alassane Ouattara joue la carte de l’expérience. Son message de campagne met en avant la stabilité et l’emploi des jeunes.
Mais sa candidature pour un quatrième mandat suscite la controverse : pour ses détracteurs, elle fragilise le principe d’alternance et ravive la crainte d’un pouvoir sans limite. Le camp présidentiel, lui, plaide la légitimité constitutionnelle et la nécessité de “consolider les acquis”.
Une opposition éclatée et affaiblie
Face à Ouattara, le front de l’opposition peine à s’unir. Certaines figures emblématiques, comme Tidjane Thiam ou Laurent Gbagbo, ont été écartées du processus électoral. Simone Ehivet Gbagbo, seule candidate d’envergure nationale encore en lice, mène une campagne axée sur la justice, la souveraineté et la réconciliation.
Cependant, le manque de coordination entre les opposants et leurs faibles relais institutionnels limitent leur capacité à incarner une véritable alternative.
Une jeunesse au cœur des attentes
Avec plus de 60 % de la population âgée de moins de 35 ans, la jeunesse apparaît comme l’arbitre silencieux du scrutin. Emploi, éducation, entrepreneuriat : tous les candidats promettent de répondre à ses aspirations, sans toujours détailler comment.
Sur les réseaux sociaux, les débats reflètent un mélange d’impatience et de désillusion, entre désir de changement et scepticisme sur la sincérité des promesses.
Les défis d’une élection décisive
Au-delà du résultat, c’est la crédibilité du processus qui sera scrutée. L’absence de révision du fichier électoral et les restrictions imposées à certaines manifestations alimentent la méfiance. Des observateurs internationaux (CEDEAO, IRI, Union africaine) sont déjà présents pour garantir la transparence du scrutin.
Les autorités redoutent également des incidents localisés, notamment dans les zones urbaines sensibles, où les tensions politiques et sociales se superposent.
Un test pour la maturité démocratique
L’élection du 25 octobre 2025 s’annonce comme un tournant. Elle dira si la Côte d’Ivoire peut concilier stabilité économique et ouverture démocratique.
Au-delà des urnes, les Ivoiriens espèrent surtout un lendemain apaisé : une transition sans violence, une gouvernance plus équitable et des institutions capables de répondre aux aspirations d’une société jeune, dynamique et exigeante.

