La pollution pétrolière à Grand-Bassam survenue récemment a suscité de vives inquiétudes. En cause, un déversement accidentel d’hydrocarbures lors d’opérations techniques menées par la Société Ivoirienne de Raffinage.
Selon le directeur général du Centre ivoirien anti-pollution, le professeur Ossey Yapo, l’incident s’est produit au large de Port-Bouët, sur le site de la Bouée 2 de déchargement de la SIR. Il est survenu durant des tests d’étanchéité réalisés avant toute opération de dépotage.
Un incident technique sans ampleur majeure
Le responsable du CIAPOL précise qu’il s’agit d’une pollution accidentelle liée à une défaillance technique. Celle-ci a provoqué une fuite d’hydrocarbures avant le démarrage effectif des opérations de déchargement des tankers.
Toutefois, il écarte l’hypothèse d’une catastrophe environnementale majeure. Entre 7 et 9 tonnes de pétrole brut léger se sont échappées en mer. Un volume très inférieur aux grandes marées noires recensées à l’échelle internationale.
L’évaluation environnementale a confirmé que près de dix kilomètres de plages ont été touchés, notamment dans les zones de Modeste, Gbamelé et Azuretti à Grand-Bassam.
Une pollution de faible ampleur maîtrisée
Le CIAPOL classe l’incident comme une pollution de niveau 1. Ce seuil n’a pas nécessité l’activation du plan national d’urgence POLLUMAR. La SIR a donc appliqué son plan interne, sous la supervision des autorités environnementales.
En mer, les équipes n’ont pas pu contenir totalement la nappe en raison des conditions météorologiques. Les autorités ont refusé l’usage de dispersants chimiques, la zone étant trop proche du littoral. Elles ont privilégié le nettoyage à terre.
Au total, 145 tonnes de déchets ont été collectées. Elles comprennent des macro-déchets contaminés et du sable souillé, ensuite transférés vers des sites de traitement adaptés.
Aucun risque sanitaire détecté
Sur le plan sanitaire, le CIAPOL se veut rassurant. Aucune mortalité de poissons ou de crustacés n’a été constatée sur les plages affectées. Aucun signal sanitaire inquiétant n’a été enregistré pendant la gestion de la crise.
La SIR a reconnu sa responsabilité dans cet incident. Son directeur général s’est impliqué directement dans les opérations, aux côtés du ministère de l’Environnement, des autorités locales et des populations riveraines.
Vers un renforcement de la surveillance maritime
Le professeur Ossey Yapo souligne toutefois des défis persistants. La surveillance environnementale fonctionne efficacement en journée grâce aux satellites et aux drones. En revanche, la surveillance nocturne reste limitée.
Face à l’intensification des activités pétrolières et du trafic maritime, le CIAPOL plaide pour un renforcement des moyens techniques. Il rappelle également l’importance stratégique du littoral ivoirien, à la fois économique, touristique et énergétique.
Enfin, il appelle les populations à la vigilance. En cas de pollution, il recommande d’alerter immédiatement le CIAPOL et d’éviter tout contact avec des substances inconnues.

