Le juge James Omotosho a estimé que Nnamdi Kanu, chef de l’Organisation du Peuple Indigène du Biafra (IPOB), interdite par les autorités nigérianes, avait commis des « actes préparatoires au terrorisme ». La décision a été rendue en son absence, après que le leader séparatiste a été escorté hors de la salle d’audience pour s’être emporté contre le refus de sa demande de liberté sous caution.
Un procès marqué par des tensions
Nnamdi Kanu avait choisi de se défendre lui-même, renvoyant ses avocats quelques semaines avant le procès, ce qui avait entraîné un report. Durant l’audience, il a crié à plusieurs reprises : « Où est la loi ? », exprimant son indignation face à la décision du tribunal. Le juge Omotosho a précisé que « si un accusé se comporte mal ou agit de manière indisciplinée dans la salle d’audience, son procès peut se dérouler en son absence ».
Un contexte historique sensible
L’IPOB milite pour l’indépendance du sud-est du Nigeria, une région marquée par la guerre civile de 1967-1970 liée à une tentative de sécession. Nnamdi Kanu, 58 ans, citoyen nigérian et britannique, s’était fait connaître en 2015 via Radio Biafra à Londres, appelant à l’indépendance de la région. Il avait alors déclaré : « Nous avons besoin de fusils et de balles ». L’organisation nie toutefois qu’il s’agisse d’un appel à l’insurrection.
Après avoir été arrêté en 2015, Kanu s’était soustrait à sa libération sous caution en 2017 et avait fui le pays après une intervention militaire à son domicile. Il a été extradé depuis le Kenya en 2021, dans des circonstances contestées par ses avocats, qui ont parlé d’un « enlèvement illégal ».

