L’ambassade des États-Unis au Mali a exhorté, mardi 28 octobre, ses ressortissants à quitter immédiatement le pays via des vols commerciaux. Cette alerte survient alors que le Mali est confronté à une crise sécuritaire et économique majeure, accentuée par un blocus djihadiste sur le carburant depuis plusieurs semaines.
Selon le communiqué officiel, la pénurie de carburant, la fermeture des écoles et universités, ainsi que les affrontements entre le gouvernement malien et les djihadistes près de Bamako, aggravent la situation imprévisible dans la capitale. L’ambassade précise que l’aéroport international de Bamako reste ouvert et recommande à ceux qui restent sur place de se préparer à toute urgence.
Blocus du carburant par le JNIM
Depuis septembre, le Groupe de soutien de l’islam et des musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaida, attaque les camions-citernes venant du Sénégal et de la Côte d’Ivoire. Le blocus vise à contester l’interdiction de la vente de carburant en dehors des stations dans les zones rurales. Malgré les escortes militaires, plusieurs camions ont été incendiés et des chauffeurs ou militaires tués ou enlevés.
Une économie ralentie et un quotidien difficile
La capitale Bamako subit de plein fouet le manque de carburant, paralysant l’économie et rendant le quotidien des habitants extrêmement compliqué. Le Mali, pays enclavé du Sahel, fait face depuis 2012 à une profonde crise sécuritaire avec la présence d’éléments affiliés à Al-Qaida, à l’EI et à des groupes criminels locaux.
Réorganisation militaire face aux attaques
Pour renforcer la réponse aux attaques djihadistes, le chef de la junte, le général Assimi Goïta, a limogé plusieurs hauts responsables militaires, dont le chef d’état-major général adjoint des armées et le directeur de la sécurité militaire.
Nouvelles règles imposées par le JNIM
Le groupe djihadiste a récemment diffusé des directives pour les voyageurs, imposant le port du voile aux femmes et la séparation stricte des sexes dans les transports urbains, selon une vidéo relayée par l’AFP.

