Un président militaire, mais selon la loi
Le colonel Michaël Randrianirina doit prêter serment vendredi comme « président de la refondation de la République de Madagascar ». Il assure que sa nomination n’est « pas un coup d’État » et rappelle que la plus haute juridiction du pays a validé la procédure. Selon lui, le gouvernement reste composé de civils et de militaires, garantissant une transition légale et stable.
Andry Rajoelina s’exile après des menaces
L’entourage de l’ancien président a confirmé qu’Andry Rajoelina avait quitté le pays entre le 11 et le 12 octobre, après avoir reçu des menaces « extrêmement graves » contre sa vie. C’est la première reconnaissance officielle de son départ, survenu après son exfiltration par un avion militaire français.
La rue d’Antananarivo retrouve son quotidien
Sur la place du 13-mai, ancien épicentre des manifestations, les pick-ups militaires ont été remplacés par une scène de concert. Les habitants, notamment les jeunes, célèbrent la fin des barrages et revendiquent leur droit à s’exprimer librement, marquant un retour progressif à la vie normale.
Promesse d’élections et de transition politique
Le colonel Randrianirina a annoncé l’organisation d’élections dans un délai de 18 à 24 mois et la mise en place rapide d’un processus de consultation pour nommer un Premier ministre. L’objectif affiché est d’assurer la transition et la stabilité politique dans l’île.
Contestations et inquiétudes internationales
Les manifestations avaient débuté pour dénoncer des coupures d’eau et d’électricité, mais elles ont rapidement pris une dimension politique. L’Union africaine a suspendu Madagascar de ses instances, tandis que l’ONU et la France expriment des inquiétudes sur le respect de la démocratie et de l’État de droit.
Une histoire politique répétitive
Andry Rajoelina était lui-même arrivé au pouvoir en 2009 après un soulèvement populaire soutenu par les militaires. Le colonel Randrianirina, critique du pouvoir, avait été emprisonné en 2023 pour incitation à la mutinerie, illustrant les tensions persistantes entre militaires et civils dans le pays.
Un pays en grande pauvreté
Avec 32 millions d’habitants, Madagascar reste l’un des pays les plus pauvres du monde : près de 80 % de la population vit avec moins de 2,80 euros par jour, selon la Banque mondiale, accentuant les défis sociaux et économiques auxquels doit faire face le nouveau président.

