Un tournant politique majeur après la chute d’Andry Rajoelina
Le colonel Michael Randrianirina, investi vendredi dernier Président de la Refondation de la République de Madagascar, poursuit la mise en place de son gouvernement. Sa nomination d’un Premier ministre civil intervient dans un contexte politique tendu, après la fuite de l’ancien président Andry Rajoelina, destitué pour abandon de poste.
À la tête de l’unité militaire CAPSAT, Randrianirina avait conduit la mutinerie du 11 octobre, dénonçant la répression des manifestations contre les coupures d’électricité et la mauvaise gouvernance. Ce mouvement s’est rapidement transformé en soulèvement populaire, précipitant la chute du régime Rajoelina.
Un Premier ministre civil pour apaiser la situation
Après consultation de l’Assemblée nationale, le colonel Randrianirina a choisi Herintsalama Rajaonarivelo, figure respectée du secteur privé et ancien président de la Banque Nationale d’Investissement (BNI).
« Il a les compétences, les expériences mais aussi les relations avec les organisations internationales qui collaboreront avec Madagascar », a déclaré Randrianirina lors de l’annonce officielle.
Le nouveau président a insisté sur la légitimité du processus :
« Nous avons scrupuleusement suivi la Constitution, notamment l’article 54, selon lequel les députés, avec nous, proposent le Premier ministre. »
Promesse d’un gouvernement civil et d’élections à venir
Le colonel Michael Randrianirina affirme vouloir tourner la page des crises à répétition et s’engage à former un gouvernement civil « ouvert à toutes les forces vives de la nation ». Il a promis des réformes profondes et l’organisation de nouvelles élections « dans les meilleurs délais » pour restaurer la stabilité politique et économique du pays.
Contexte : une colère sociale à l’origine du coup d’État
Depuis plusieurs mois, les coupures d’électricité chroniques et la hausse du coût de la vie ont alimenté un mouvement de contestation nationale. Les manifestations, d’abord pacifiques, ont dégénéré en affrontements violents avec les forces de l’ordre. La mutinerie du CAPSAT a finalement scellé le sort du régime Rajoelina, désormais en exil.

