Le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) a annoncé, ce mercredi 19 novembre 2025, la révocation de 22 de ses cadres ayant déposé leur candidature aux élections législatives, en contradiction avec la ligne officielle du parti. La décision, signée par le président Laurent Gbagbo, sanctionne une entorse jugée grave à l’autorité collective et à l’orientation politique arrêtée plusieurs semaines plus tôt.
Selon Me Habiba Touré, porte-parole du parti, cette mesure, « mûrement réfléchie », répond à un impératif de cohérence et à un « devoir de responsabilité politique et de respect pour les victimes » des récentes violences sociopolitiques. Elle rappelle que la position actuelle du PPA-CI s’inscrit dans la continuité des propos tenus par Laurent Gbagbo lors du Comité central du 6 novembre. Celui-ci y avait réaffirmé son opposition à une participation du parti aux législatives, estimant qu’aller aux urnes reviendrait à « couvrir la forfaiture », ainsi que « les blessés et les morts d’un linceul dédaigneux ».
À l’issue de cette session décrite comme « libre et démocratique », le Comité central, organe souverain de la formation politique, avait tranché : le PPA-CI boycotterait les législatives. En vertu de l’article 8 des Statuts, cette résolution s’imposait alors à tous les militants, sans exception.
Pour la direction, l’enjeu dépasse la simple discipline interne. « Ces décisions incarnent la mémoire des morts, la dignité des blessés et la détresse des prisonniers politiques », insiste Me Touré. Les cadres sanctionnés sont accusés d’avoir ignoré délibérément la ligne officielle en déposant leur candidature, un acte qualifié de « désobéissance » et d’« insubordination ».
Laurent Gbagbo se dit « regretter » cette issue, mais assume une décision prise « avec fermeté ». Pour lui, nul ne peut se réclamer du PPA-CI « dans les honneurs » et s’en affranchir « dans l’adversité ». La discipline, rappelle-t-il, constitue « l’épine dorsale de toute organisation politique sérieuse ».
Dans un climat national encore marqué par les séquelles des crises politiques, le PPA-CI réaffirme la nécessité d’une ligne cohérente : « Dans ces moments graves, où notre peuple pleure ses morts, panse ses blessures et lutte pour sa liberté, chaque acte compte », souligne la direction, renouvelant son engagement envers ses principes, la mémoire de ses martyrs et son combat pour une Côte d’Ivoire « démocratique, juste et souveraine ».

