Moqueries, insultes, bousculades, mais aussi cyberharcèlement via WhatsApp, TikTok ou Facebook… Le harcèlement scolaire en Côte d’Ivoire ne se limite plus à la cour d’école. Selon des enquêtes locales menées à Abidjan, Bingerville ou encore Bouaké, près d’un élève sur trois dit avoir déjà été victime d’actes répétés de violence ou d’humiliation.
« On m’appelait toujours par un surnom blessant, et j’avais peur de venir à l’école », raconte Mariam, 15 ans, élève de 3e. Ces situations fragilisent la confiance en soi et peuvent mener à l’isolement, voire au décrochage scolaire.
Le poids du silence
Dans de nombreux établissements, le harcèlement est encore perçu comme un « jeu d’enfants ». Certains enseignants ou parents considèrent que « ça forge le caractère ». Résultat : les victimes se taisent, par honte ou peur des représailles.
Mais les mentalités changent. Des élèves osent désormais en parler dans les clubs scolaires ou sur les réseaux sociaux, avec des hashtags de sensibilisation comme #NonAuHarcèlement.
Initiatives et solutions locales
Face à l’ampleur du phénomène, des initiatives émergent :
Les Clubs scolaires dans certains lycées d’Abidjan et de Yamoussoukro, où les élèves discutent de respect mutuel et de solidarité.
Les campagnes numériques menées par des ONG locales pour sensibiliser les ados aux dangers du cyberharcèlement.
L’appui psychologique : de plus en plus d’établissements font appel à des psychologues scolaires pour accompagner les victimes.
Le ministère de l’Éducation nationale a également annoncé des mesures pour renforcer la discipline et former les enseignants à détecter les signes de harcèlement.
Briser le cycle, une responsabilité collective
Le harcèlement scolaire n’est pas une fatalité. Parents, enseignants et élèves ont un rôle à jouer. Encourager la parole, valoriser le respect et sanctionner les comportements abusifs sont les clés pour construire une école plus sûre.
Comme le dit Kevin, élève de terminale : « Si nous, les jeunes, nous n’agissons pas, qui le fera à notre place ? »

