Depuis 2016, le Ministère public du canton de Genève mène une procédure pénale contre Teodoro Nguema Obiang Mangue, surnommé Teodorin, vice-président de la Guinée équatoriale et fils du chef de l’État, ainsi que deux autres prévenus.
Ils sont poursuivis pour blanchiment d’argent et gestion déloyale d’intérêts publics.
Dans ce cadre, la justice suisse avait saisi 25 véhicules de luxe, parmi lesquels des Ferrari, Lamborghini, Bentley, Maserati et McLaren. Leur revente a permis de générer un fonds de plusieurs dizaines de millions d’euros.
Le lundi 29 septembre, les autorités de Genève et de Malabo ont signé un accord de restitution portant sur 24 millions d’euros. Selon les termes de l’entente, ces fonds financeront un projet de coopération dans le secteur de la santé, réservé aux populations vulnérables de quatre provinces de la région continentale de la Guinée équatoriale.
Un mécanisme de gouvernance et de suivi spécifique est prévu pour garantir la bonne utilisation de cet argent.
Un clan au pouvoir depuis 1979
Cette affaire s’inscrit dans un contexte politique particulier. En Guinée équatoriale, le pouvoir est détenu depuis 1979 par Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, arrivé à la présidence après avoir renversé et fait exécuter son oncle, Francisco Macías Nguema.
Depuis, le clan Obiang se maintient à travers une série d’“élections” remportées avec plus de 90 % des voix (1989, 1996, 2002, 2009, 2016, 2022), des scrutins systématiquement dénoncés par l’opposition et les observateurs internationaux.
Malgré la manne pétrolière, la Guinée équatoriale reste l’un des pays les plus inégalitaires et corrompus d’Afrique, la richesse nationale étant largement accaparée par une élite proche du pouvoir. Une partie de ces fonds a été investie en Europe, ce qui a entraîné plusieurs procédures judiciaires, notamment en Suisse et en France.
Réactions mitigées
Alors que Genève salue un accord « bénéfique pour la population », des opposants équato-guinéens, notamment installés à Paris, dénoncent une restitution d’argent à un régime accusé de corruption.
En France, l’affaire des biens mal acquis progresse plus lentement qu’en Suisse, ce qui suscite de vives critiques des exilés politiques.



