Dans un long exposé retraçant les grandes étapes de la crise ivoirienne, l’ancien président Laurent Gbagbo est revenu sur les événements qui, de 2000 à 2011, ont profondément marqué la Côte d’Ivoire. Il y replace son rôle, interroge les responsabilités de divers acteurs et appelle à une reprise des investigations au niveau international.
Du charnier de Yopougon aux premiers troubles
En octobre 2000, la Cour suprême déclare Laurent Gbagbo vainqueur de l’élection présidentielle. Quelques jours plus tard, il prête serment et préside son premier Conseil des ministres. Lors de cette réunion, un charnier est découvert à Yopougon.
Immédiatement, il envoie les ministres de l’Intérieur, de la Défense et de la Justice sur place. Certains gendarmes sont accusés. Le tribunal les relaxe, ce qui rassure le président.
En janvier 2001, un commando venu du Nord attaque le pays. Cependant, les forces ivoiriennes repoussent les assaillants, qui se replient à la frontière burkinabè.
A lire aussi : https://niannoo.net/alassane-ouattara-prestation-serment-2025/
La rébellion et la partition du pays
Dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002, un commando plus important franchit la frontière depuis le Burkina Faso et sème le chaos en Côte d’Ivoire. Les militaires, gendarmes et policiers se mobilisent et réussissent à repousser les assaillants. Cependant, certains rebelles parviennent à Abidjan.
Par conséquent, des combats de rue éclatent. Gbagbo écourte sa visite en Italie pour revenir au pays. Ensuite, les rebelles installent un kyste à Bouaké, divisant le pays : le Sud reste sous contrôle gouvernemental, tandis que le Nord tombe sous contrôle rebelle.
Médiations et accords : Ouagadougou et la Flamme de la paix
Plusieurs conférences diplomatiques ont lieu : CEDEAO à Accra, Marcoussis, Kléber, Pretoria… Le président sud-africain Thabo Mbeki devient médiateur.
Alors, Gbagbo prend deux décisions majeures : il autorise Alassane Ouattara à se présenter à la présidentielle et engage un dialogue direct avec Guillaume Soro. Ces discussions aboutissent à l’accord de Ouagadougou le 4 mars 2007.
Ensuite, le 30 et 31 juillet 2007, la Flamme de la paix est organisée à Bouaké pour brûler symboliquement les armes utilisées durant la guerre. Par la suite, Gbagbo entreprend des tournées dans le Nord pour encourager le désarmement.
Élections présidentielles 2010 et crise post-électorale
En 2010, malgré un désarmement incomplet, la présidentielle se tient. Au premier tour, Gbagbo arrive en tête avec 38 % des voix, devant Alassane Ouattara (32 %) et Henri Konan Bédié (25 %).
Cependant, le second tour dégénère. Le Conseil constitutionnel proclame Gbagbo vainqueur. Pourtant, la communauté internationale reconnaît Ouattara comme président. Les affrontements qui suivent entraînent le bombardement de la résidence présidentielle par les forces françaises et onusiennes.
Arrestation, CPI et acquittement
Le 11 avril 2011, Gbagbo est arrêté et transféré successivement au Golf Hôtel, à Korhogo, puis à la Cour pénale internationale (CPI) aux Pays-Bas. La CPI fusionne les dossiers de Gbagbo et de Charles Blé Goudé.
Finalement, la CPI acquitte les deux hommes en janvier 2019. Gbagbo retourne à Bruxelles en février 2019, mais il reste assigné à résidence jusqu’au 31 mars 2021, date de sa liberté totale.
Appel à la justice et recherche de la vérité
Laurent Gbagbo insiste : « tant qu’un fait n’est pas jugé, il devient une injustice ». Il s’interroge sur l’absence de poursuites contre d’autres acteurs de la crise et demande à la CPI de rouvrir le dossier pour établir la vérité et rendre justice aux victimes.
Il conclut : « J’ai fait ma part. J’espère que tous les autres feront la leur ». Selon lui, la vérité demeure « une condition de la paix ».

