Un coup d’État en Guinée-Bissau a été annoncé mercredi par les militaires, qui ont arrêté le président Umaro Sissoco Embaló et suspendu le processus électoral.
Le président Embaló arrêté par l’armée
Selon un officier de l’armée, Umaro Sissoco Embaló est détenu au siège de l’état-major, où il serait « bien traité ». Une autre source a confirmé que le chef de l’État a été appréhendé en même temps que le chef d’état-major et le ministre de l’Intérieur.
Des tirs ont retenti en fin de matinée près du palais présidentiel à Bissau. Des soldats ont rapidement bouclé la principale avenue menant au bâtiment officiel.
Arrestation de l’opposant Domingos Simoes Pereira
L’opposant Domingos Simoes Pereira, dirigeant du PAIGC, a lui aussi été interpellé par des hommes armés, selon ses proches. Il avait été exclu de la présidentielle pour dépôt tardif de sa candidature.
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Plus tôt dans la journée, des tirs ont retenti près du palais présidentiel à Bissau, tandis que des militaires ont pris le contrôle de la principale artère menant au bâtiment. Des journalistes ont constaté la présence accrue de soldats dans toutes les grandes artères de la capitale.
L’opposant Domingos Simoes Pereira, figure centrale du PAIGC, a également été arrêté par « des hommes armés », selon ses proches. Son exclusion de la présidentielle pour dépôt tardif de candidature a suscité des controverses.
L’armée a annoncé :
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la suspension du processus électoral,
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la fermeture des frontières,
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l’instauration d’un couvre-feu obligatoire.
Une capitale sous tension
En fin de journée, les rues de Bissau étaient désertes. Plus tôt, des centaines de personnes avaient fui la zone du palais présidentiel alors que des tirs retentissaient à plusieurs reprises. Les militaires ont désormais la main sur l’ensemble des points névralgiques de la capitale.
Un pays habitué aux ruptures politiques
Dimanche, la présidentielle s’était pourtant déroulée dans le calme. Mardi, les camps d’Embaló et de l’opposant Fernando Dias da Costa avaient chacun revendiqué la victoire, dans l’attente des résultats officiels prévus jeudi.
Cette nouvelle crise illustre encore une fois la fragilité politique du pays. Depuis 1974, la Guinée-Bissau a connu quatre coups d’État, dix-sept tentatives de putsch et une forte instabilité gouvernementale.

