[L’Indice Pensable]
Les médias bruissent souvent des mésaventures d’hommes et de femmes qui ne pensent qu’à ça : s’attacher l’amour de… leur amour. En Côte d’Ivoire, le fameux philtre connu sous le nom de »likpiya » est une véritable star de ce marché . Et pourtant, il existe chez les humains une fontaine de ‘’likpiya’’ naturel qu’on peut faire couler à volonté.
La découverte a été faite par des chercheurs dans les montages et les plaines du Colorado, aux Etats-Unis. Là-bas, il existe deux espèces de petits rats sauvages dont les comportements amoureux jettent une lumière troublante sur ceux des humains.
Chez les rats des montagnes, le mâle reste solitaire et multiplie les liaisons avec les femelles qui élèvent seules leur progéniture. Les rats des plaines, identiques presque en tout point, eux, se comportent de manière opposée : les mâles choisissent une femelle à laquelle ils sont liés – pour le meilleur et pour le pire – jusqu’à la mort, et avec qui ils partagent les tâches domestiques.
La seule différence entre les deux ? C’est le nombre de récepteurs de la petite hormone appelée Ocytocine. Très rare dans le cerveau des rats des montagnes, et abondant dans celui des rats des plaines. Mais, si l’on inonde d’Ocytocine le cerveau des premiers, et que l’on bloque les récepteurs de celle-ci chez les seconds, leur comportement s’inverse…
Chez l’humain, l’Ocytocine est considérée comme l’hormone de la tendresse et de l’attachement. Elle est sécrétée pendant l’allaitement maternel, au contact physique d’une personne que l’on aime et qui nous rassure, quand on regarde des photos d’un bébé, ou même d’un chaton, et puis, souvent, pendant l’orgasme. L’Ocytocine agit aussi comme un philtre d’amour…genre « Likpiya » : plus on secrète d’Ocytocine en présence de quelqu’un, plus on lui devient attaché émotionnellement.
Bonne nouvelle : pas besoin d’aller voir le marabout ou féticheur du village. Il est possible de faire couler à volonté ce « likpiya » naturel dans le cerveau de la personne aimé. Mais pour chaque être, le déclenchement se fait par des « portes » différentes. Le thérapeute de couple Gary Chapman parle des « cinq langages de l’amour ».
Il est possible de faire couler le ‘’likpiya’’ naturellement dans le cerveau de l’être aimé
Chez les uns, ce sont les « paroles valorisantes » (porte 1) qui ouvrent les vannes de la fontaine d’Ocytocine : « J’adore quand tu me fais rire comme ça » ou « tu es encore la plus belle ce soir ». Chez d’autres, ce sont des « moments de qualité » (porte 2), comme un dîner chaque semaine, en amoureux au restaurant, ou prendre le temps d’aller dans une brocante ensemble.
Certains sont sensibles aux « cadeaux » (porte 3). Pas forcément la bague de ses rêves ou les vacances sur la côte d’Azur chaque semaine, mais, plus souvent, le bouquet de fleurs au retour du marché, ou le tee-shirt qui lui avait plu dans une vitrine mais qu’elle n’avait pas osé acheter.
Les « services rendus » (porte 4), la vaisselle faite, les enfants mis au lit une fois les devoirs terminés, la chemise impeccablement repassée, sont une clé qui marche particulièrement bien pour d’autres. Et puis, enfin, le « toucher affectueux » (porte 5), se tenir dans la rue, un massage désintéressé avant de s’endormir ou encore des caresses adroites plus intimes et stimulantes. Pour beaucoup, bien sûr, ce contact physique ouvre grand les vannes de l’ocytocine.
L’important, c’est de savoir quelle « porte » marche le mieux pour soi, et pour l’autre. Car, sur la longueur, ce sont ces doses répétées de cette petite hormone de ‘’likpiya’’ naturel que nous nous donnons l’un à l’autre qui construisent l’harmonie de l’attachement et de l’amour. Celle, si forte, qui est la seule capable de résister au temps et aux épreuves. A moins que…
Par Ameday KWACEE

