Condamné par défaut dans l’affaire SNEDAI, N’DA Hivé Kouamé, ancien responsable financier du groupe, rompt le silence depuis l’étranger.
Dans une interview accordée à Financial Afrik, il conteste le récit dominant. Surtout, il réclame une justice fondée sur les faits, loin des jugements médiatiques.
D’abord, il se présente comme un professionnel des chiffres et de la méthode. Pendant près de dix ans, explique-t-il, il a servi une organisation complexe. Selon lui, réduire le dossier SNEDAI à un seul homme est une erreur. En réalité, cette affaire poserait un problème plus large de gouvernance.
Un départ suivi d’un retournement de situation
Selon N’DA Hivé Kouamé, son départ du pays avait été validé par sa hiérarchie. Il devait être bref. Toutefois, en son absence, la situation aurait basculé. Progressivement, un nouveau récit se serait imposé. Finalement, il a été condamné par défaut dans l’affaire SNEDAI.
Face à un climat devenu tendu, il dit avoir choisi de se protéger. En effet, les pressions se multipliaient. Or, se défendre efficacement dans un tel contexte devenait impossible. Il affirme avoir agi avant tout comme un père soucieux de préserver sa famille.
Un rôle encadré, loin des décisions finales
Sur le fond, l’ancien cadre rejette l’image d’un décideur central. Au contraire, il affirme avoir exercé les fonctions de directeur comptable, et non de directeur administratif et financier. Son rôle, précise-t-il, se limitait à la production comptable et aux procédures légales.
Par conséquent, lui attribuer la tête d’un système opaque relèverait d’une construction. Dans un groupe structuré, insiste-t-il, les décisions suivent une chaîne claire. D’abord, elles sont décidées. Ensuite, elles sont validées. Puis, elles sont exécutées. Enfin, elles sont encaissées. Selon lui, la vérité du procès SNEDAI se situe précisément à ce niveau.
Des pressions et une campagne de discrédit
Par ailleurs, N’DA Hivé Kouamé évoque une campagne visant à le présenter comme un bouc émissaire dans l’affaire SNEDAI. Il affirme disposer de preuves matérielles. Messages, enregistrements et échanges seraient conservés. Le moment venu, ces éléments seront transmis aux autorités compétentes.
Ainsi, il refuse toute justice de l’opinion. À ses yeux, seule une analyse sur pièces peut faire émerger la vérité. « En finance comme en justice, les traces existent », rappelle-t-il.
Un appel à une procédure contradictoire
Aujourd’hui, l’ancien responsable financier estime le contexte plus stable. Dès lors, il se dit prêt à revenir s’expliquer. Toutefois, il pose une condition claire : une procédure contradictoire, fondée sur des documents vérifiables.
En définitive, il affirme ne pas chercher la polémique. Au contraire, il réclame une méthode. Pour lui, l’affaire SNEDAI en Côte d’Ivoire dépasse un simple nom. Elle interroge la responsabilité, la gouvernance et la crédibilité des institutions. « Une justice de preuves renforce l’État », conclut-il.

