Le gouvernement ivoirien veut réformer en profondeur l’organisation des élections. L’objectif est de renforcer la confiance des citoyens et de prévenir les crises électorales.
Le 22 juin 2026, le Premier ministre Robert Beugré Mambé a présenté les grandes orientations de cette réforme aux partis politiques et aux organisations de la société civile. Il s’exprimait au nom du président de la République, Alassane Ouattara.
Selon le chef du gouvernement, la question électorale reste essentielle pour la stabilité des institutions et la cohésion nationale. Il estime que chaque scrutin doit se dérouler dans un climat de confiance afin de rassurer les électeurs et les candidats.
Devant les représentants des partis politiques, de la société civile et des médias, Robert Beugré Mambé est revenu sur l’évolution du système électoral ivoirien. Il a rappelé que la création de la Commission électorale indépendante (CEI) en 2001 avait marqué une avancée importante pour la démocratie.
Malgré plusieurs réformes successives, les tensions liées aux élections persistent. Pour le gouvernement, cette situation justifie une nouvelle refonte du système de gouvernance électorale.
Une réforme électorale motivée par les crises passées
Le Premier ministre a rappelé que plusieurs élections organisées depuis les années 2000 ont suscité des contestations. Certaines ont débouché sur des violences et des crises politiques majeures.
Il a notamment évoqué la crise postélectorale de 2010-2011. Cette crise a fait plus de 3 000 morts et provoqué le déplacement de centaines de milliers de personnes. Elle reste l’un des épisodes les plus douloureux de l’histoire récente du pays.
Dans cette perspective, le gouvernement a décidé, lors du Conseil des ministres du 6 mai 2026, de dissoudre la CEI dont le mandat était arrivé à son terme. Les autorités souhaitent mettre en place un cadre plus adapté aux exigences actuelles de transparence, de neutralité et de crédibilité.
Trois organes pour renforcer la gouvernance électorale
La réforme repose sur une nouvelle organisation articulée autour de trois structures distinctes.
Le premier organe assurera l’organisation matérielle des élections. Le deuxième centralisera et compilera les résultats des votes. Le troisième supervisera l’ensemble du processus électoral et contrôlera le respect des règles établies.
Selon le gouvernement, cette séparation des responsabilités réduira les sources de contestation et renforcera la confiance des acteurs politiques.
« Nous voulons que l’électeur soit davantage convaincu que sa voix compte, que le candidat qui perd comprenne pourquoi il a perdu et que celui qui gagne soit reconnu comme légitime », a déclaré Robert Beugré Mambé.

