Le Tribunal militaire d’Abidjan a condamné un adjudant des Forces armées de Côte d’Ivoire à cinq ans de prison ferme pour extorsion de fonds. Les juges lui ont également infligé une amende de 500 000 francs CFA. Police Secours a relayé l’information dans une publication diffusée le lundi 22 juin 2026.
Identifié sous les initiales K.K.D., le sous-officier a rejoint la maison d’arrêt dès le prononcé du verdict rendu le 4 juin 2026.
Un contrôle routier irrégulier à l’origine de l’affaire
Les faits remontent au 16 janvier dernier. Ce jour-là, l’adjudant avait installé un poste de contrôle sans autorisation régulière. Il ne détenait pas non plus les carnets de contraventions exigés par la réglementation.
Lors de cette opération, il a interpellé deux motocyclistes qui circulaient sans casque. Des agents chargés de lutter contre le racket routier ont assisté à la scène. Dans le cadre de leur mission de surveillance, ils ont filmé l’intervention.
Une somme de 5 000 francs CFA au cœur des investigations
L’enquête a révélé que les deux usagers avaient remis 5 000 francs CFA au militaire après leur interpellation. Les enquêteurs ont recueilli plusieurs éléments qui ont conduit à l’ouverture d’une procédure judiciaire.
Devant le tribunal, l’adjudant a reconnu avoir reçu l’argent. Il a expliqué avoir immobilisé la motocyclette en raison de l’absence de casque. Selon lui, les conducteurs ont ensuite demandé sa clémence. Ils lui auraient remis cette somme pour récupérer leur engin.
Le tribunal rejette les explications du sous-officier
Les magistrats n’ont pas retenu cette version des faits. Ils ont rappelé qu’un agent chargé de faire appliquer la loi ne peut percevoir de l’argent en dehors des procédures prévues par les textes en vigueur.
Pour le Tribunal militaire, la remise de cette somme constituait une extorsion de fonds. Les juges ont également estimé que le sous-officier avait enfreint les règles qui encadrent les fonctions militaires. Ils ont donc prononcé une peine de cinq ans d’emprisonnement ferme, assortie d’une amende de 500 000 francs CFA.
Cette décision illustre la volonté des autorités ivoiriennes de combattre le racket sur les routes. Elle s’inscrit aussi dans les efforts engagés pour renforcer l’intégrité et la discipline au sein des forces de sécurité.

