Les autorités du Burkina Faso ont annoncé la suspension de la chaîne française TV5 Monde. Le gouvernement reproche au média la diffusion de contenus considérés comme de la désinformation et une forme d’apologie du terrorisme.
Une décision prise par le Conseil supérieur de la communication
Dans un communiqué officiel, le Conseil supérieur de la communication (CSC) a indiqué que la diffusion de TV5 Monde est interdite sur l’ensemble du territoire burkinabè à compter de la signature de la décision.
Selon le président du CSC, Wendingoudi Louis Modeste Ouedraogo, cette mesure fait suite à plusieurs manquements observés dans le traitement médiatique des questions liées au terrorisme au Burkina Faso et au Mali.
Les autorités accusent notamment la chaîne d’avoir diffusé des informations jugées inexactes concernant les récentes attaques terroristes au Mali.
Un contexte régional marqué par les tensions sécuritaires
Le Mali, le Burkina Faso et le Niger, membres de l’Alliance des États du Sahel, font face depuis plusieurs années à une forte instabilité sécuritaire.
Ces dernières semaines, le Mali a connu une recrudescence d’attaques armées, largement relayées par les médias internationaux.
Les autorités burkinabè estiment toutefois que certaines couvertures médiatiques déforment la réalité des faits et nuisent aux efforts engagés dans la lutte contre le terrorisme.
Des accusations de « désinformation »
Le Conseil supérieur de la communication affirme avoir relevé plusieurs contenus problématiques diffusés entre avril et mai 2026.
Selon l’institution, ces programmes comporteraient des éléments assimilés à de la désinformation ainsi qu’à une valorisation indirecte des groupes terroristes.
Plusieurs médias étrangers déjà sanctionnés
Ce n’est pas la première fois que le Burkina Faso prend des mesures contre des médias internationaux.
En 2024, TV5 Monde avait déjà fait l’objet d’une suspension temporaire, au même titre que plusieurs plateformes étrangères, dont Deutsche Welle, The Guardian et Ouest-France.
Les autorités reprochaient alors à ces médias leur couverture d’un rapport de Human Rights Watch évoquant des exécutions extrajudiciaires attribuées à l’armée burkinabè.
Les chaînes BBC Africa et Voice of America avaient également subi des suspensions dans le pays.
Un climat tendu entre autorités et médias internationaux
Depuis l’arrivée de la junte militaire au pouvoir, les relations entre les autorités burkinabè et plusieurs médias occidentaux se sont fortement dégradées.
Le gouvernement affirme vouloir protéger la souveraineté informationnelle du pays, tandis que certaines organisations de défense de la presse dénoncent une restriction progressive de la liberté des médias.

