Je suis l’épouse d’une personnalité publique du monde de la musique ivoirienne, et si je choisis de rester dans l’ombre, c’est pour préserver notre sécurité. Ce que je m’apprête à raconter dépasse tout ce que j’aurais pu imaginer.
Tout a commencé par une confession. Un soir, le visage défait, les genoux au sol, le front collé à la terre, mon mari me demande pardon. Devant nos enfants, la voix étranglée, il m’avoue son infidélité. Quand un homme, fier, respecté, arrive à se mettre ainsi en pièces pour implorer le pardon, il faut avoir le cœur de pierre pour ne pas céder.
J’étais blessée. Oui. Mais il avait ouvert ses téléphones, m’avait donné ses mots de passe, les preuves à l’appui. Il avait jeûné trois jours, m’avait-il dit, pour trouver le courage de tout avouer. Alors, je l’ai pardonné.
Enfin… je croyais tout savoir.
La nuit des révélations
Les mois passent. Puis, il tombe malade. Rien n’y fait : médicaments, prières, hospitalisations. Son état ne s’améliore pas. Une nuit, je décide de prier, longtemps, avec une seule demande à Dieu : montre-moi la vérité.
À quatre heures du matin, la sonnerie de son téléphone retentit. Des messages répétés. Je prends son téléphone — j’ai les codes, il me les a donnés, souvenez-vous — et là… je découvre une série d’images.
Des cheveux. Une bague. Une demi-photo de mon mari entourée de cauris, au pied d’un arbre. Et cette phrase qui glace le sang :
« Je suis ton aéroport. Tu peux aller où tu veux, mais sache que tu m’appartiens à vie. »
Je le réveille. Quand il voit l’écran, son visage se vide de tout sang. Il tremble. Il bafouille. C’est elle, dit-il. La femme avec qui il avait fauté.
La vérité, morceau par morceau
Elle avait volé sa bague de mariage. Il ne savait pas quand. Les cheveux ? Probablement quand il dormait. La photo ? Une fois, elle l’avait trouvée dans son portefeuille et l’avait gardée.
Tout prenait sens. Sa maladie. Ses insomnies. Ses cauchemars. Nous appelons un prêtre exorciste. La date est fixée : samedi.
L’exorcisme
Ce jour-là, devant nous, l’esprit parle à travers lui. Une voix féminine, froide, avoue :
– Quatorze ans que je le calcule. Quatorze ans que je le suis. Il sera à moi.
Le prêtre demande : Comment es-tu entrée en contact avec lui ?
Elle rit. Une herbe. Donnée par son marabout. À mâcher. Pour devenir irrésistible.
Elle raconte tout. Les cheveux coupés en cachette. La bague volée pour « sceller » son emprise. Et cette phrase, la plus effroyable :
– Pendant nos rapports, quand je lui demandais d’éjaculer dans ma bouche… c’était pour pouvoir le localiser. Pour puiser son énergie vitale. Pour le contrôler, peu importe où il serait.
Elle savait qu’il priait beaucoup. Il résistait. Alors elle renforçait son sort en buvant son sperme.
Les chaînes brisées
Ce jour-là, grâce à Dieu, les liens sont tombés. Mon mari est libre. Mais cette histoire nous a marqués à jamais.
Je le dis aux hommes : contrôlez vos pulsions. Il y a des âmes perdues, prêtes à vous attirer dans leurs filets, derrière un visage d’ange. Elles vous enchaînent sans que vous le sachiez.
Ce jeûne de trois jours, celui qu’il avait fait avant de m’avouer son infidélité… C’est aussi lui qui l’a sauvé. Oui, je ne bois pas son « jus », mais je prie pour que chaque femme ait un mari avec de vrais réflexes spirituels.

