Après un Bac A 2 et un BTS en poche, le jeune Bah Jacques Silvère cherche longtemps sa voie. Avant de trouver la comédie. Où il donne de la voix depuis bientôt 10 ans…
Né dans un petit village de Man qu’on appelle Tiessan, le jeune Bah Jacques Silvère rêvait d’être un artiste chanteur. Il entre en studio en vue de sortir une cassette. Son arrangeur de l’époque qui connait son talent de « blagueur » lui conseille d’opter pour l’humour. Mais le jeune homme croit dur en son rêve. Pas question pour lui de « faire des blagues bêtes-bêtes. Et en plus, les humoristes ne sont pas respectés », argue-t-il. Lorsque son arrangeur perd une parente chère, Le Magnific est au nombre des artistes invités à animer la veillée. Mais à son tour de chant, le public commence à déserter le lieu. Son arrangeur lui demande alors de raconter les blagues. Le public revient alors peu à peu prendre place sous les bâches dressées pour la veillée. Il a même eu droit à un « travaillement » (le fait de se faire arroser de billet de banque), ce soir-là.
L’histoire en marche…
Sisco Ngoha, un animateur sur la radio communale de Koumassi qui m’a écouté à la veillée m’invite pour animer à son émission. J’anime aussi les tournées du maire de la commune à l’époque, N’Dohi Raymond. Je rencontre par la suite Didier Bléou, ce qui m’a permis de faire une rubrique dans l’émission « Le grand jour » sur Fréquence 2. Là-bas, Julien Assah de la RTI 2 m’invite à animer « Les après-midi de la 2 » avec lui. Suivront l’émission « Rire et chanson » avec Guy Serge Kadio sur RTI MUSIC, les espaces zouglou comme « Chez Vieux Gazeur » à Marcory, « L’internat » chez Aimé Zebié à Yopougon. Enfin, « Bonjour 2010 » de la RTI qui m’a révélé au grand public.
L’école… de la vie
Je suis titulaire d’un Bac A2 puis un BTS en Gestion commerciale. Mais le BTS, j’ai opté pour le football. J’ai joué à Cosmos, une équipe de 3è division de Koumassi. Ensuite j’ai atterri au Stade d’Abidjan où j’ai été blessé au genou. Perdu pour le foot à la suite de cette blessure, je me suis retrouvé gardien dans une agence de Communication. Les stars telles que Michel Gohou, Akissi Delta, etc. venaient à l’agence pour tourner des publicités. Lors d’une pub’ le commercial m’a invité pour assurer le côté musical, ce qui m’a permis d’être associé, par la suite, à d’autres évènements. Avec mes animations dans le zouglou et dans certaines émissions (« Matin bonheur », « Le grand jour » sur Frequnce2), j’ai commencé à être plus sollicité au point de quitter le métier de gardiennage que j’ai exercé et qui m’a permis d’apprendre beaucoup de choses pendant 6 ans.
L’élève Bah
J’étais un adolescent turbulent, taquin, jovial… Le football était ma passion. Je passais 95 % de mon temps au foot. C’est au foot que je perdais mes livres, mon kaki, parfois mon sac d’école, etc. J’aimais chanter aussi, et donc j’interprétais toutes les chansons de Gadji Celi et les albums de Yodé et Siro. Mais de la 6e à la Terminale je travaillais bien en classe, j’avais 15, 16 de moyenne. J’aimais plus les matières littéraires (philosophie, français, anglais, allemand). J’avais toujours 18 ou 19 de moyenne en anglais.
Au lycée Municipal de Marcory…
J’étais le président du club de théâtre. Ce sont des souvenirs inoubliables. Je me rappelle aussi que je faisais partie d’un club d’intello de 3 à 4 personnes. Si l’autre est premier ce trimestre il faut que je le sois au prochain trimestre, on faisait une concurrence. Lorsque nos parents venaient prendre nos diplômes d’honneur, je me rappelle encore ma mère venir prendre mon diplôme avec mon nom écrit au tableau avec la mention devant. Ce sont des choses inestimables et inoubliables.
L’élève…d’hier à aujourd’hui…
C’est une triste réalité, les élèves d’aujourd’hui ne peuvent pas faire une phrase sans des fautes d’orthographes. Ils sont accros aux sms et aux abréviations qui les pénalisent lors des devoirs. Il faut trouver le juste milieu entre réseaux sociaux et études. La réussite est une calebasse pleine de sueur. Donc pour réussir il faut transpirer à grosse goutes.
Temps de la lecture…
Le dernier livre que j’ai lu est mon propre livre intitulé « Le méricament ». C’est un jeu de mots avec le médicament que les médecins utilisent pour nous traiter et le rire que les humoristes procurent et qui traite, soigne et déstresse. J’ai donc essayé d’entrer dans la peau d’un médecin pour prescrire un médicament.
Méthode de travail…
Mes prestations sont écrites. Pour faire un One man show, c’est comme une dissertation à l’école. Tu dois d’abord choisir un thème que tu développes ensuite. Il n’y a que 3 à 5% d’improvisation dans cet exercice. L’humoriste, dans une définition terre à terre, est quelqu’un qui est intelligent et qui essaie de faire l’idiot pour faire rire les intelligents. L’humour, c’est toute une structure.
Sources de motivation…
Ma motivation, ce sont les objectifs que je me suis fixé. Quand je pense à mes objectifs, je travaille pour les atteindre. Il y a aussi la famille et il faut que nous soyons un exemple pour la jeunesse.



