“Décalé Yorobo”, est le dernier phénomène musical qui remémore les sonorités du célèbre artiste coupé décalé feu Dj Arafat.
La rappeuse Sarafina, américaine d’origine ivoirienne, aussi connue sous le nom de DJ Sara, a ramené sur le sol ivoirien un mélange de coupé-décalé à la sauce américaine.
Les trois premiers titres de la rappeuse sont déjà des hits. Abidjan, la capitale économique ivoirienne, réputée pour sa vie nocturne et l’ambiance, où Sarafina faisait la promotion de ses hits au mois de janvier, a suscité l’engouement des boîtes de nuits qui se l’arrachaient. Une autopsie d’un succès fulgurant, de l’américano-ivoirienne.
Inconnue jusqu’en fin d’année 2024, DJ Sara est devenu une star sur le réseau social TikTok, où elle rassemble plus de 120 000 followers grâce à son mélange Coupé-décalé style américain. Et un seul morceau a suffi à Dj Sara pour se faire connaitre, dont “DJ Sara Freestyle (Décalé Yorobo)”, sorti le 26 décembre et vu 1,3 million de fois sur le réseau social TikTok, malgré un clip tourné à bas coût à Chicago.
Tout est parti d’une improvisation en studio, avec quelques syllabes devenues virales, “Git, git, git, tchouma, démarrer kitata”. Du charabia pour les non-initiés, mais les amateurs de coupé décalé auront reconnu un gimmick emprunté au roi de ce genre musical typiquement ivoirien, Dj Arafat dans son single “Moto Moto”, les mots “démarrer kitata” donnent le signal pour imiter un conducteur de moto, le geste central de la chorégraphie du morceau.
DJ Sara, de son vrai nom Sarafina Côyinor, est tombée dans le Coupé décalé quand elle était petite. Née à San Pedro, sur le littoral ivoirien, elle a déménagé avec sa famille à l’âge de six ans aux États-Unis, où elle a grandi avec un père DJ, grand amateur de ce genre musical.
Tout Américaine qu’elle soit devenue, la rappeuse connaît donc ses classiques sur le bout des doigts, et jongle dans ses morceaux avec toutes les grandes figures du coupé décalé des années 2000.
Elle emprunte les gestes, le style, et la réalisation de ses clips, à DJ Arafat. Mais aussi copie sur les fondateurs du genre, né dans la diaspora ivoirienne de Paris entre la fin des années 1990 et le début des années 2000, tel que, Molare, Jet Set DJ, et le créateur du mouvement Douk Saga, à qui elle emprunte le concept de “faroter” (ndlr, faire le malin), aussi “d’équilibrer” et “d’enlèvement”, accompagnés des pas de danse acrobatiques popularisés par Douk Saga.
“Mon inspiration ? C’est moi !” répond Dj Sara en riant à la sortie d’un showcase à la villa Lepic dans la commune de Cocody à Abidjan. “Bon, et Arafat aussi, longue vie à Yôrôbor”.
Bekanty N’ko avec RFI

